À son amant, Khadija offre la vie de son mari (4)

À son amant, Khadija offre la vie de son mari (4)

Le père de Khadija a annoncé sa décision sans appel : Khadija pour Ismaël et celui-ci pour elle. Pas un mot de plus, pas de discussion, pas d’intervention…Personne ne savait au juste qui lui a soufflé cette idée au creux des oreilles. Son épouse ? Peut-être. Mais rien ne le confirme, ni l’infirme.
«Je suis très heureuse que tu sois l’épouse de mon fils», lui a confié sa belle-mère qui semble être pleine de joie. Une joie qui n’a pas trouvé de place dans le cœur de Khadija. Elle sanglotait en silence. Elle n’a jamais imaginé être l’épouse du fils de sa belle-mère. Pourquoi son père l’a-t-il choisi ? Pourquoi n’a-t-il pas cédé à son choix et l’épouser à Hamid ? Khadija n’avait pas de réponse. Elle n’avait que ses larmes. Et Ismaël ? À l’instar de sa mère, il était très content. Il a essayé de s’approcher d’elle plus qu’avant. Mais, elle l’évitait. Elle évitait même de lui adresser la moindre parole. Sa belle-mère l’encourageait à s’approcher de son fils qui va prendre soin d’elle. Khadija faisait semblant qu’elle ne l’écoutait pas. «Aujourd’hui, il est ton fiancé et demain, il sera ton mari. Tu dois t’approcher de lui. Ne crains rien, ma fille, mon fils va prendre soin de toi, je l’ai bien éduqué», lui a précisé sa belle-mère. Effectivement, Ismaël était un jeune homme qui jouissait d’une bonne réputation. Il n’était ni un drogué, ni un ivrogne, ni un fumeur de cigarette. Tout le monde le respectait. Bosseur, il gagnait dignement sa vie. C’était l’été 1989. La nuit de noces a été célébrée. Et le couple s’est retrouvé quelques jours plus tard sous le même toit, non pas au domicile de leurs parents, mais dans leur propre demeure située à la rue 49, quartier Moulay Larbi El Alaoui, Hay Mabrouka, à Casablanca. Khadija essayait de s’adapter à son nouveau monde. Mais en vain. Son mari, Ismaël, tentait de s’approcher de lui. C’était une tâche difficile. Mais, il essayait à maintes reprises. En vain. Même sur le lit, elle ne lui cédait que difficilement. Quand il la désirait, c’était l’enfer pour elle. Peut-être que ses comportements changeront-ils après avoir eu des enfants. Ismaël l’espérait du fond de son cœur. Mais, rien ne prouvait qu’il y aurait une amélioration de leur relation conjugale si un nouveau-né venait égayer leur foyer. Loin de là. Car, il semble qu’elle n’a pas encore oublié son premier et grand amour, Hamid. Certes, dès la dernière fois quand il est arrivé, en compagnie de sa famille pour la demander en mariage, elle ne l’a pas rencontré. Mais, elle pensait toujours à lui. C’était plus fort qu’elle. Quelques mois après le mariage, Khadija est tombée enceinte. Son mari Ismaël était heureux, gai, très agréable et très content. Un sentiment que Khadija ne partageait pas avec lui. Au contraire, sa grossesse l’a jetée dans un gouffre du désespoir, de tristesse, de consternation et d’angoisse. Elle n’adressait plus la parole à son mari. Et pourtant, il n’a pas réagi. Il a gardé son calme. Son père et sa belle-mère étaient au septième ciel. Ils auraient enfin un petit-fils. Et sa propre mère? Elle ne lui rendait visite que rarement. Comme toujours, elle lui manquait. D’abord, c’est elle qui devait être à côté d’elle dans de pareilles circonstances. Mais personne ne savait au juste ce qui l’a empêché d’assumer sa responsabilité de maman envers son unique fille. Neuf mois de grossesse étaient écoulés. Et Khadija a mis au monde un garçon, Abdeslam. A-t-elle changé ? Non.

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