À son amant, Khadija offre la vie de son mari (8)

Khadija s’est réfugiée dans sa chambre à coucher. Ses deux enfants, Abdeslam et Mohamed, l’ont rejoint. Elle les a manqués. Ils avaient besoin de son amour, sa tendresse et son affection. Mohamed, le benjamin, s’est approché d’elle. Elle s’est contentée de l’embrasser sans le mettre entre ses deux bras. Quant à Abdeslam, l’aîné, il s’est planté devant elle avec un sourire enfantin aux lèvres. Un beau sourire qui n’a rien touché du sentiment de sa maternité. Son mari, Ismaël, l’a remarquée. En fait, il s’est rendu compte, depuis quelques jours, du changement radical de ses comportements envers lui et leurs enfants. Mais, il n’a pas réagi. «Peut-être qu’elle avait ses règles», aurait-il pensé. Il savait que l’état psychique de la femme durant la période de la menstruation est au plus bas niveau. Mais loin de là, Khadija n’avait pas ses règles. Ismaël s’est approché de ses deux enfants, les a embrassés, les a pris entre ses bras, les a consolés…Il leur a raconté des blagues, des plaisanteries et des histoires. Ils rigolaient. Ils étaient très heureux. Leur mère Khadija n’a même pas regardé une seule fois à leur direction. Elle était allongée au lit, les yeux ouverts. Elle n’a même pas pensé leur préparer le dîner. C’était le papa qui l’a préparé. Khadija n’est plus dans ce monde. Un tas de questions se bousculaient dans sa tête qui bouillonnait : Pourquoi son bien- aimé, Hamid, n’a pas répondu à ses appels téléphoniques ? Ne l’aime-t-il plus ? Il l’a oubliée parce que sa femme est plus belle et plus charmante qu’elle ? Aime-t-il sa femme ? Qu’est-ce qu’il a dit à son ami, Fettah ? Pourquoi Fettah s’est-il abstenu de lui parler par téléphone et de le rencontrer ? Khadija n’avait pas de réponse.
Tout d’un coup, son mari l’a rejoint au lit. Il l’a touchée. Elle a fait semblant d’être endormie. Ismaël ne lui a pas demandé pourquoi. Il a gardé son calme. Et il s’est plongé dans un profond sommeil. Et Khadija ? Ses prunelles étaient encore ouvertes. Il était 6 h du matin. Ismaël et ses deux enfants se sont réveillés. Quant à Khadija, elle est déjà réveillée. Rapidement, elle a préparé le petit déjeuner. Ismaël est parti pour son boulot. Vers 10 h, Khadija a mis sa djellaba. Elle a conduit ses deux enfants chez sa voisine du quartier. Elle a emprunté son chemin à destination de chez Fettah. Au n° 41 de la rue 3 à Jamila I, elle a frappé à la porte. C’est une femme qui lui a ouvert la porte.
«C’est là que demeure Fettah ?», lui a demandé Khadija sur un ton hésitant.
«Oui, je suis sa femme… Qui le demande ?».
Perturbée, Khadija n’a su quoi répondre. Elle a écarquillé ses yeux. «Ne t’inquiètes pas… Je crois que tu es Khadija».
«Oui, Khadija…Fettah t’a parlé de moi ?».
«Oui, il m’a parlé de toi…Rentres, soyez la bienvenue…Fettah va arriver… Je suis sa femme, Fatima».
Fatima était à son vingtième printemps. Elle n’a jamais vu Khadija. Mais, son mari lui a tout raconté. C’est pourquoi elle l’a accueillie chaleureusement. Autour des verres de thé à la menthe et de gâteaux, les deux femmes ont engagé une conversation interminable. Elles ont parlé de tout et de rien. Elle était 13h. Fettah n’est pas encore rentré. Fatima a servi la table. Avec Khadija, elle a pris le déjeuner. Les deux femmes se sont familiarisées. Une heure plus tard, Fettah est arrivé. Khadija s’est tenue debout. Fettah qui l’a saluée l’a sollicitée de se reposer. Lui a-t-il apporté de bonnes nouvelles ou de mauvaises ?

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *