Abdelali Hadi : la victime de la pédophilie qui devient serial killer (11 )

Abdelali Hadi : la victime de la pédophilie qui devient serial killer (11 )

Nous sommes l’après-midi du mardi 7 septembre 2004, jour de l’arrestation d’Abdelali Hadi. Au commissariat de police à Taroudant, les enquêteurs de la brigade criminelle qui l’ont arrêté, sont très heureux, s’embrassent et se félicitent. Abdelali assit sur une chaise dans leur bureau les regarde, garde le silence en attendant qu’il soit interrogé, fixe de temps en temps le plafond comme s’il cherche à se souvenir du film d’horreur dont il est le scénariste, le réalisateur et l’acteur principal. Est-il également heureux ? Calme, serein, indifférent et tranquille, il commence à répondre aux questions des limiers sans manifester le moindre remords. «Je me souviens avoir violé et tué Saïd El Idrissi, Lahcen Amarir, Issam Boujahed, Yassine Benamer et Youssef Yaminta…», avoue-t-il sur un ton sec. Il révèle les noms et les prénoms des cinq enfants, se souvient de chacun d’eux, de ses comportements, de son sourire, de ses paroles et de ses origines. Il semble qu’il a une bonne mémoire. Il livre tout aux enquêteurs, leur raconte tous les détails, sans qu’ils le lui demandent.
«Quand je n’ai pas pu supporter de vivre à Bensergaou, je suis retourné à Taroudant», a-t-il précisé toujours d’un air serein. Abdelali Hadi devient aide-gargotier à la gare routière de Taroudant. Il sert des sandwichs et des tajines familiaux. Mais il est toujours généreux avec les enfants à l’insu du propriétaire de la gargote. Toujours une poignée de frites en plus, la fameuse sauce-tomate servie abondamment et parfois la boulette de viande hachée qui fait mouche. Ce sont les premières manœuvres de séduction d’Abdelali Hadi pour devenir sympathique avec l’enfant en quête de sandwich. Il le regarde avec insistance comme s’il veut le dévorer. Mais, qui peut reprocher à une personne de regarder avec insistance un enfant ? Il sympathise avec lui et gagne sa confiance. L’enfant n’hésite pas à répondre favorablement à l’invitation d’Abdelali. Tant qu’ils sont en dehors de son logis de fortune, il ne le menace ni verbalement, ni avec une arme blanche. D’abord, il n’utilise jamais de couteau ni un autre objet tranchant. Car, il déteste le sang, il ne supporte pas le voir, même dans un film de cinéma. C’est absurde. Un tueur en série pédophile qui ne supporte pas de voir le sang ? C’est de la fiction ? Non. C’est une réalité. Une contradiction qui dépasse l’imagination. Arrivé au terrain entouré d’un mur de clôture, il se tient devant la porte verrouillée. L’enfant se tient à son côté, tourne ses yeux à gauche et à droite comme s’il savait qu’une fois à l’intérieur, il n’y sortira jamais et essaie de jeter un dernier regard. Abdelali rejoint l’enfant, fait semblant qu’il sourit et sort son trousseau de clefs. L’enfant ignore qu’il accompagne un loup qui ne sourit jamais, il hurle mais jamais seul. Alors qu’Abdelali est toujours seul, il n’accompagne personne, à part son gibier qu’il vient de chasser. C’est pourquoi il ne hurle jamais, ne parle à personne sauf s’il demande à ses clients ce qu’ils veulent manger, il n’attire jamais l’attention de quiconque. Il ouvre la porte, rentre, invite l’enfant à entrer, referme la porte, lui demande de faire comme chez lui, le conduit vers le logis de fortune, lui demande de s’asseoir, le scrute sans lui adresser la parole… Tout d’un coup, à l’insu de l’enfant, Abdelali Hadi met sa main dans une sacoche, saisit une corde en plastique et un rouleau de scotch épais. Pour en faire quoi ?

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