Abdelali Hadi : La victime de la pédophilie qui devient serial killer (5 )

Abdelali Hadi : La victime de la pédophilie qui devient serial killer (5 )

Nous sommes le mercredi 1er septembre 2004, douze jours après la découverte macabre des ossements. Le rapport complet de l’autopsie a été rédigé. Le professeur Saïd Louahlia le met dans sa mallette et sort de son bureau. Sa destination ? La ville d’Agadir. De l’aéroport international Mohammed V, à Casablanca, il arrive à l’aéroport Al Massira à Agadir. Le voyage n’était pas ennuyeux puisqu’il n’a passé qu’une heure à bord de l’avion. Une demi-heure après, le professeur Louahlia est au bureau du parquet général près la Cour d’appel d’Agadir. Il lui remet le rapport et lui affirme qu’il est fort possible qu’il s’agisse d’un tueur en série. Comment est-t-il arrivé à cette conclusion ? Si l’on se réfère à la définition d’un tueur en série, on découvre toujours quatre critères. Un tueur en série tue plus de trois victimes, tue des personnes qui n’ont pas de lien entre elles mais qui s’inscrivent dans un groupe qui a des caractéristiques en commun, commet ses crimes selon un même modus operandi et durant des périodes différentes. Des critères qui s’appliquent parfaitement aux crimes de Taroudant, puisque le tueur semble être une seule personne, les crimes ont ciblé une tranche d’âge spéciale, à savoir les enfants et ont été commis selon le même mode opératoire et à des intervalles différents. Le médecin légiste, Saïd Louahlia, étale devant le parquet général, les différentes hypothèses qu’il avait déduites suite aux analyses des ossements. Seulement, ces analyses ne peuvent pas répondre à plusieurs interrogations : les victimes avaient-elles la possibilité de hurler, de pousser des cris, de demander secours, de se défendre et de se sauver ? Etaient-elles séquestrées dans une zone habitée, dans un local insonorisé ou dans un terrain vague ? Les meurtres ont-ils eu lieu justement dans un endroit isolé, dans une chambre, dans une maison ou dans un lieu à ciel ouvert ? Ont-elles été tuées hors de la ville de Taroudant ou à l’intérieur de ses murailles et portes ? Leurs bouches étaient obturées lorsqu’elles étaient torturées ? Sur le terrain, les enquêteurs ratissent large et ne négligent aucune piste, recueillent les témoignages, multiplient les auditions et les contrôles aussi bien des personnes que des lieux susceptibles d’avoir servi au massacre. Ils déploient tous leurs efforts. Certes, jusqu’à ce 1er septembre 2004, ces enquêteurs ne sont pas encore arrivés à s’orienter sur une piste susceptible de les conduire directement jusqu’à l’assassin. Mais, ils sont au moins convaincus qu’il s’agit d’un dangereux serial killer qui peut les défier en tuant d’autres enfants. Mais, ils se demandent : l’assassin avait-il uniquement tué les huit enfants dont les cadavres ont été retrouvés ou le nombre de ses victimes dépasse ce chiffre ? Pourquoi a-t-il tenu à se débarrasser des ossements en les jetant sur la voie publique ? Pourquoi a-t-il choisi ce 20 août qui est un jour férié puisqu’il coïncide avec l’anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple ? L’ assassin a-t-il cherché à effacer les traces de ses crimes d’un bien immobilier qu’il s’apprête à vendre ou à céder et ce pour que le nouvel acquéreur ne les découvre pas ? Cherche-t-il qu’on parle de lui médiatiquement et ajoute-t-il un autre plaisir à celui de tuer des enfants ? Des questions auxquelles personne ne peut en répondre sauf le meurtrier. Quand sera-il arrêté ? Les enquêteurs jurent que, tôt ou tard, il sera entre leurs mains.

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