Abdelali Hadi : la victime de la pédophilie qui devient serial killer (7)

Abdelali Hadi : la victime de la pédophilie qui devient serial killer (7)

Nous sommes le mardi 7 septembre 2004, dix-neuf jours après la découverte des ossements des huit enfants. Les enquêteurs demandent à Najib Hadi, qui vend les tickets de transport à la gare routière de Taroudant, de les conduire chez son frère, Abdelali. C’est le début de l’après-midi. Les fins limiers de Taroudant montent dans leur fourgon. Hadi, le vendeur de tickets d’autocar, les dirigent vers le coin où habite son frère. Ils arrivent au quartier Jnane Soussia, arrêtent le fourgon policier, en descendent et demandent à Hadi de les aider à trouver son frère. «Il y passe la journée… De coutume, il n’ira à la gare routière que vers 16h 30 ou 17h», les informe Najib Hadi qui croit que son frère sera interrogé et relâché comme c’était son cas. «Certainement, on va le trouver à l’intérieur», les rassure-t-il.Il les conduit vers un terrain enclavé entre de hautes bâtisses non crépies, aux briques encore nues. Ils y entrent par une porte qui y est aménagée. Ce rectangle de terrain appartient à leur cousin. Les enquêteurs suivent les pas de Hadi, marchand de tickets d’autocar. Contre l’un des quatre murs, un logis de fortune, une sorte de «nouala» en toile de jute et de plastique a été construit. «C’est là où il dort…», leur indique-t-il. Les enquêteurs se postent devant le logis, se taisent, croisent leurs regards, attendent les ordres du chef. Sont-ils certains qu’ils vont être face -à-face du meurtrier ? En principe, leur flair ne les trompe presque jamais. Le chef de la brigade ne leur dit rien. Il se contente de les fixer avant d’appeler à haute voix : «Abdelali». «Oui, j’arrive», répond une voix rauque qui provient de l’intérieur de la «nouala». En s’inclinant, il tend sa tête dehors. Il fixe son frère, le salue et tourne ses regards vers les personnes qui se tiennent derrière lui. Il sort du logis, se tient debout, rejette sa tête en arrière et garde ses yeux fixés au ciel. Tout d’un coup, il s’adresse aux personnes qui accompagnent son frère, Najib :
-«Soyez les bienvenus… J’attendais que vous venez chez moi, leur dit Abdelali qui semble décontracté.
– Pourquoi dis-tu ça ?, lui demande le chef de la brigade.
– Parce que je souffre jour et nuit… Je ne dors plus… Je veux dormir et me soulager,  ajoute-t-il sur un ton sérieux et calme.
– Es-tu le meurtrier des enfants ?
– Oui», répond-il tranquillement et sans manifester le moindre remords.
Comme s’il est englouti par un tourbillon, Najib se sent tourner à sa place. Son frère, Abdelali, semble être perdu au dedans de lui-même et comme s’il sent à quel point il est malheureux. Il tourne le dos aux enquêteurs, met ses mains derrière et leur demande de le menotter. Les enquêteurs semblent n’avoir jamais cru être face-à-face devant un tueur en série, sans pitié envers les enfants, calme, tranquille et paisible devant eux… C’est absurde. Les enquêteurs le menottent, le conduisent en dehors du terrain et le font monter à bord du fourgon. Le chef de la brigade informe ses supérieurs. Comme une traînée de poudre, l’information de l’arrestation du serial killer de Taroudant se répand facilement. Elle fait la Une de toute la presse écrite et des téléjournaux. Les limiers de Taroudant poussent un ouf de soulagement. Enfin, ils peuvent dormir, passer quelques moments avec leurs familles et prendre un café avec leurs amis. Mais après l’interrogatoire d’Abdelali Hadi. Qui est-il ?

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *