Abdelali Hadi : la victime de la pédophilie qui devient serial killer (9)

Abdelali Hadi : la victime de la pédophilie qui devient serial killer (9)

Nous sommes en 1975. Abdelali Hadi est à son treizième printemps. Il n’a plus de chance d’avoir sa place sur les bancs de l’école. Il a triplé la cinquième année d’enseignement fondamental. Résultat : la porte. Il passait son temps à errer dans les rues, à vagabonder, à penser à son avenir qui semblait être sans horizon. Il a décidé de tourner la page, de tourner le dos à son frère, Najib, ses deux sœurs, sa grand-mère, de quitter sa ville natale. Son choix? Rejoindre son père, Brahim, qui semble être très heureux, à Bensergaou, avec sa nouvelle femme. Que devait-il y faire ? Il ne savait rien. Sa grand-mère qui ne pouvait rien lui reprocher lui a remis une petite somme d’argent. Abdelali a pris l’autocar et est arrivé, le même jour, à Bensergaou. Si son père était très content de le voir, sa belle-mère semblait n’avoir aucune envie de l’accueillir. Elle ne voulait même pas lui tendre la main pour le saluer, comme s’il puait. Mais, il n’avait pas le choix. Il devait y rester au moins pour quelques jours pour trouver du travail. Depuis, il divaguait d’un coin à l’autre en quête d’un emploi. Deux, trois, quatre jours… une semaine après son arrivée. Rien de nouveau. Il sortait le matin et ne retournait qu’après le crépuscule. Un corps très épuisé et un ventre creux. Sa belle-mère ne lui servait qu’un morceau de pain et deux verres de thé. Elle dominait son père et celui-ci ne pouvait rien lui reprocher. Abdelali ne supportait plus ses regards au point que l’idée de retourner à Taroudant a commencé à lui hanter l’esprit. Seulement, ce mécanicien, ami de son père, l’a poussé à renoncer à son idée. Ce «maâlem», mécanicien, lui a demandé de le rejoindre le lendemain au garage. Le lendemain matin, Abdelali l’a rejoint. Le patron lui a remis une blouse avant de commencer à réparer une voiture. Abdelali se tenait derrière lui. Il semblait être comme sa petite ombre. Abdelali rêvait-il d’être un pro de la mécanique ? Non. Parce qu’à la fin de sa première journée au garage, l’idée d’être «un médecin des véhicules» a changé. Pourquoi ? Il ne le savait pas. Il était certain d’une seule chose : il n’a pas aimé ce métier. Pour faire plaisir à son père, il est retourné au garage le lendemain, le surlendemain… Et puis, c’était la rupture totale avec le métier. «Si tu apprends ce métier, tu vas avoir de l’or entre tes mains», lui disait son père qui l’encourageait à rejoindre son «maâlem». Mais en vain. Il ne voulait plus de ce métier. Depuis, Abdelali a repris la flânerie à travers la ville. Il a abandonné la recherche d’un métier. Il sortait le matin de chez lui et n’y retournait que tard la nuit. Il s’est habitué aux regards de sa belle-mère qui le haïssait au point qu’elle n’hésitait pas, de temps en temps, à l’insulter, à le maltraiter et à le violenter…Et Abdelali trouvait dans la rue le refuge qui le protégeait de cette belle-mère sans pitié. Seulement, il a découvert que tout le monde était sans pitié surtout à son égard. Comment ? Il était seul à rôder dans un coin désert de Bensergaou que les vagabonds et les clochards fréquentent souvent. Qu’est-ce qu’ils vont lui faire s’ils le croisent ? Rien. C’est du moins ce qu’il pensait. Seulement, la réalité était autre. Il s’est retrouvé, ce jour de 1977, devant seize jeunes clochards. Face-à-face. Il voulait reculer. C’est trop tard. Les seize jeunes clochards l’ont attaqué et l’ont immobilisé. Pour lui faire quoi ? En fait, il n’a jamais imaginé ce qui lui est arrivé ce jour qui va marquer toute sa vie.

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