Abdelkrim Berrechid : «Le théâtre au Maroc manque d’innovation»

Abdelkrim Berrechid : «Le théâtre au Maroc manque d’innovation»


ALM : Que représente pour vous l’hommage que vous rend le FITUC lors de cette 21ème édition?
Abdelkrim Berrechid : Je remercie énormément les organisateurs d’avoir considéré et reconnu mes contributions que ce soit  au le théâtre amateur, au théâtre scolaire, universitaire que professionnel. J’œuvre depuis 40 ans dans le théâtre national et arabe. Mes œuvres, une quarantaine, ont été présentées dans plusieurs pays arabes et traduites en plusieurs langues. Etant principalement un enseignant, j’ai travaillé à Khemisset et à Casablanca. J’ai participé à la création de l’Institut supérieur d’art dramatique de Rabat (ISADAC). J’ai été délégué du ministère de la Culture à Marrakech puis à Khemisset. Mon lien avec le FITUC remonte aux premières éditions. J’ai été membre du jury dans deux éditions et l’édition 2004 m’était dédiée et portait mon nom.  J’ai aussi animé plusieurs rencontres-débats et ateliers au sein du festival. Cet hommage est une preuve de l’existence de personnes qui aiment le théâtre et ses gens.  

Comment évaluez-vous l’évolution de l’exercice théâtral au Maroc aujourd’hui ?
Le théâtre national a beaucoup évolué. Par exemple, avant à Casablanca, il n’y avait que la salle du théâtre municipal, actuellement, on note plusieurs salles, en plus des projets de construction en cours. Les troupes de théâtre sont nombreuses autant que les festivals. Aussi la relation qu’entretient le théâtre avec le cinéma crée une réelle dynamique. La formation à l’ISADAC, la politique de soutien du ministère de la Culture, entre autres éléments, contribuent aussi à cette évolution. Au niveau des infrastructures, il n’y a pas lieu de comparaison. Le problème qui se pose, actuellement, se situe au niveau de la créativité et de la recherche. Le théâtre au Maroc manque d’innovation. De nombreuses œuvres ne prennent pas en compte les valeurs sociétales fondamentales. Les créateurs doivent interagir avec les réalités économique, politique et sociale, contemporaines et traiter les vrais sujets qui sensibilisent notre société. Et ce, avec plus de responsabilité et de patriotisme.

Quel est l’apport du FITUC à la scène culturelle nationale ?
Le festival a plus de 20 ans maintenant et il a beaucoup apporté à la scène culturelle que ce soit au Maroc ou dans les pays arabes. C’est une pépinière d’artistes. Par ailleurs, en plus d’être réservé aux troupes universitaires, le FITUC accueille plusieurs troupes professionnelles et hommes de théâtre de renommée internationale. Le volet formation du festival est également important, proposant rencontres, débats et des ateliers dans différents domaines du théâtre. Aussi le festival constitue un lien entre les universitaires de toutes les régions du Maroc. Il est à l’origine de la création de festivals universitaires dans plusieurs villes du Royaume.

Pouvez-vous nous parler de votre ouvrage récemment publié et présentant vos œuvres complètes ?
C’est le ministère de la Culture qui a pris en charge la publication de cet ouvrage. Il s’agit d’une première partie, comprenant cinq de mes pièces de théâtre. Je considère cette publication comme étant un autre hommage qui m’a été rendu de la part du ministère de la Culture, et surtout de la part de Touria Jebrane, cette artiste qui a un  grand rapport avec le théâtre. 

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