Abdelmoula : père de famille et boucher nécrophile (1)

Nous sommes à Casablanca. Vers 8h du matin de ce lundi 30 mai 2005, Ahmed sort de chez lui au quartier Al Amal, préfecture de Hay Hassani-Aïn Chok, portant un sac en plastique noir renfermant les ordures ménagères. Une tâche qu’il effectue quotidiennement. Trois minutes sont suffisantes pour qu’Ahmed parcourt le chemin allant de chez lui au quartier Attaâoune où se trouve le bac des ordures. Il lève le couvercle de celui-ci quand il y arrive. Abattu par le choc, il est cloué à sa place. Il n’en croit pas ses yeux. Il ne peut plus bouger. Il se contente d’écarquiller ses yeux. Pourquoi ? Car, il vient de voir quelques parties d’un corps humain enfermées dans un sac en plastique de couleur blanche. Son sang se glace dans ses veines. Il ne sait à quel saint se vouer. Crier ? Hurler? Demander aux passants de le rejoindre pour voir cet horrible spectacle ? Alerter la police ? Il continue à regarder les restes du corps humain. Il veut vomir. Tout d’un coup, comme s’il vient de se réveiller d’un sommeil profond. Il tourne ses regards. Un éboueur balaie l’autre trottoir du quartier. En se dépêchant, il s’adresse à lui, lui demande de l’accompagner. Vite. Très vite. Il ne lui explique rien. L’éboueur croit qu’il s’agit d’un malade mental. Il lui demande de le laisser terminer son boulot. Ahmed ne le relâche pas, lui demande de voir ce qui est dans le bac à ordures.
«Les bras et les mains d’une personne dans le bac des ordures», balbutie-t-il.
Enfin, l’éboueur traverse la rue, se tient devant le bac des ordures, lève le couvercle. Et il sent comme un courant électrique qui traverse ses veines. Il ne croit pas ses yeux à son tour. Il tient la main d’Ahmed et court. Vers quelle destination? En fait, Ahmed ne sait rien. Il le suit rapidement. L’éboueur ne s’arrête qu’à l’entrée du siège de la sûreté de police de Hay Hassani-Aïn Chok, connue communément sous le nom de «Dar Al Hamra». Le chef de la sûreté les accueille dans son bureau. Il les écoute attentivement. Sachant qu’il s’agit de la découverte des restes d’un corps humain, il donne aussitôt ses instructions à ses limiers pour se dépêcher sur place. Certes, il ne reste pas à son bureau. Il les accompagne. Les éléments de la police judiciaire préfectorale, du service de l’identification judiciaire, du laboratoire scientifique, des éléments du 26ème arrondissement urbain de Hay Hassani et du médecin légiste les rejoignent. Le sac en plastique blanc est ouvert. Les limiers remarquent les membres supérieurs et les intestins d’un être humain. Les éléments du laboratoire scientifique et le médecin légiste entament leur travail. Les enquêteurs s’interrogent sur les autres parties du corps. Les recherches commencent. Tout d’un coup, le chef de la sûreté de Hay Hassani-Aïn Chok reçoit un appel téléphonique. C’est le policier qui veille sur la salle de trafic. Que veut-il ?
«Un homme a découvert une autre partie d’un corps humain à «Souk Mina», lui annonce-t-il. Le chef donne ses instructions: une partie des limiers doivent se dépêcher au «Souk Mina». À bord de leur fourgon, quelques limiers traversent presque plus d’un kilomètre entre le quartier Attaâoune, le lieu où le premier sac a été découvert et le quartier Al Amal où le second a été découvert. Ils arrivent précisément au Souk Essaâda, connu communément sous le nom de «Souk Mina», juste sur le côté gauche du commissariat de police «Dar Al Hamra». Qu’est-ce qu’ils y découvrent?

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