Ahmed Al Maânouni : «J’aime dialoguer avec le coeur du public»

Ahmed Al Maânouni : «J’aime dialoguer avec le coeur du public»

ALM : Que représente pour vous l’hommage qui vous sera rendu à l’Institut français de Tanger du 16 au 18 juin  ?
Ahmed AL Maânouni : C’est une très belle occasion qui m’est offerte d’aller à la rencontre du public tangérois. Je remercie l’initiative de l’Institut français de Tanger en la personne de sa directrice Mme Vandoorne qui a imaginé et rendu possible cette manifestation vivante. Je privilégie toujours l’échange direct avec le public, c’est un moment où, personnellement j’apprends énormément. Pendant l’année 2008, «Les cœurs brûlés» a été sélectionné dans quarante cinq festivals de par le monde, j’ai tenu à l’accompagner dans une vingtaine de pays pour découvrir tous ces publics différents.
Je me rends compte alors qu’une histoire que j’ai voulu profondément enraciner dans le terroir marocain, plus précisément dans la ville de Fès, arrive à émouvoir des gens d’horizons divers. Je me souviens de cette spectatrice coréenne, en pleurs à la sortie d’une projection de mon film, qui me déclare : «Ceci est mon histoire ! ».

Votre long métrage «Les coeurs brûlées» a remporté plusieurs prix dans plusieurs festivals, le film «Transes» est l’un des films cultes de Martin Scorsese, «Alyam Alyam» a lui aussi connu un succès auprès du public marocain, quel est le secret de cette réussite ?
Il ne faut pas oublier non plus que la réussite d’un film est le résultat du travail de toute une équipe. Je me dis toujours si réussite il y a, c’est grâce à tous ceux qui, à un moment ou un autre, m’ont fait confiance et se sont mobilisés pour un sujet qui est devenu le leur.
C’est normal que la réussite soit aussi la leur. Il me faudrait plus d’espace dans votre journal pour me permettre de les remercier tous. J’ai une admiration et une gratitude sans limite pour tous ces professionnels passionnés. Chaque film est unique et je suis le premier étonné par l’alchimie qu’il déclenche.
Le plus important reste le regard que je porte sur mes semblables. Je me sens plus proche de l’artisan dont le travail est unique, «c’est fait main» comme on dit, que du cinéma industrie ! J’aime non seulement dialoguer avec l’intelligence du spectateur mais aussi avec son cœur.

Peut-on dire que le thème de la mémoire revient souvent dans vos films ?
C’est en effet une de mes obsessions. Je crois que nous avons besoin de rétroviseurs pour connaître qui nous sommes vraiment et pour avancer, créer, apporter notre part à l’œuvre humaine. Lors de la diffusion de la trilogie documentaire : «Maroc-France, une histoire commune», j’ai vraiment pris la mesure du déficit énorme que nous avons accumulé dans l’enseignement de l’histoire dans notre pays.

Quels sont vos projets à venir ?
«La légende d’Itto», mon nouveau scénario, traite aussi de la mémoire et de la transmission. C’est l’histoire d’une femme, une légende, qui part, à travers des époques différentes, des régions différentes, à la recherche de sa descendance.
Le personnage d’Itto, c’est la mémoire de mon pays que j’invoque. Je mets en perspective son histoire personnelle pour faire comprendre où nous en sommes arrivés.

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