Al Aïta fait danser la capitale des Abda

La ville de Safi accueille le Festival d’Al Aïta pour la 7ème année consécutive et rend hommage aux pionniers de cet art du chant populaire enraciné dans les plaines de la Chaouia, Abda et Doukkala. Organisée en collaboration avec la wilaya de la région de Doukkala-Abda et le conseil urbain de Safi, cette manifestation aura lieu du 4 au 6 juillet à l’initiative du ministère de la Culture. «Le festival d’Al Aïta a pour objectif de sauvegarder et de valoriser le patrimoine culturel populaire marocain», indique à ALM Azzedine Kara, délégué du ministère de la Culture de la région d’El Jadida. L’art d’Al Aïta, varie selon les régions, les formes et les contenus. Ainsi, il est «Marsaoui» au littoral, Zaâri, Mellali et Jebli. Mais Safi se distingue par une propre déclinaison de cette forme musicale appelée «Hasba».  Pour la 7ème édition  de ce festival, la ville accueillera trois variantes d’Al Aïta. Il s’agit du «Hasbaoui», «Haouzi» et «Marsaoui». Ainsi le programme de cet événement s’articulera autour de trois soirées thématiques consacrées chacune à un de ces genres. «Nous avons souhaité que chacun des styles retenus pour cette édition soit représenté lors de soirées distinctes par des troupes qui les maîtrisent», indique Azzedine Kara. En effet, la nuit Hasbaoui sera animée par les groupes «Ouled Ben Aguida», Jamal Zerhouni et Khadija Merkem, alors que les équipes Abderahim Ghribou de Youssoufia, Hassan Fryati de Kelaâ Sraghna et Hassan Driouki de Marrakech animeront la nuit «Haouzi». Seront présents à la nuit Marsaoui les groupes Rayhane Charaf d’El Gara, de Khadija Bidawiya de Marrakech et Khadouj Matichti de Casablanca. Les organisateurs de cette 7ème édition ont également prévu d’organiser une exposition de photographies de l’art d’Al Aïta et de rendre un vibrant hommage à l’artiste Miloud Bazhar surnommé Cheikh Dahmou, «une mémoire vivante qui retient plusieurs textes rares d’Al Aïta», indiquent les organisateurs. Interprétée par des musiciens troubadours (les cheikhs et cheikhates), selon les connaisseurs, Al Aïta est un chant qui relate l’histoire de toute une société avec ses héros et ses personnages mythiques. C’est une mémoire rurale ancestrale. Le mot «Aïta» peut être interprété comme une dérivation du verbe «Ayyat», appeler en arabe dialectal. Il s’agit d’un cri, un chant de douleur, un cri d’amour et d’espérance voire même de dénonciation. Al Aïta chante la mémoire et le dépassement de soi. Presque toutes les Aïta commencent par l’invocation d’Allah et des saints. Cette invocation  peut avoir d’autres connotations: celle d’anticiper, de rechercher et de demander l’inspiration. Ainsi rendez-vous est pris pour les amoureux de cet art du 4 au 6 juillet à Safi pour une 7ème édition de ce festival qui promet de mettre en avant l’art d’Al Aïta dans toute son authenticité.

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