Asthmatiques, attention aux complications !

Maladie chronique, l’asthme s’installe lorsque les bronches de la respiration sont obstruées temporairement.  Le mécanisme de l’inspiration et de l’expiration ne demandant aucun effort pour une personne normale devient un acte très difficile pour un asthmatique en crise. Cette gêne respiratoire ne pose pas, en principe, de problème durant ce mois de jeûne. Le spray qu’utilisent les asthmatiques pour décongestionner leur respiration n’est pas du tout contre-indiqué lors du jeûne qui n’est interdit que dans certains cas précis. «Cela dépend de deux situations soit en rapport avec le traitement ou avec la maladie», explique le Dr. Mohamed Taoufik Fassi Fihri, pneumologue à l’hôpital Avicenne à Rabat. Lorsque le traitement de l’asthmatique ne se limite pas au spray et nécessite des médicaments à prendre oralement, le jeûne est de toute évidence non autorisé par le médecin. De même pour l’asthmatique dont le cas est classé sévère et pour qui le jeûne devient un facteur favorisant l’apparition de complications.
L’asthme devient sévère au fil de son évolution dans le temps. Il peut également le devenir rapidement au tout début de la maladie. Sa prévalence au Maroc, selon le Dr. Fassi Fihri, oscille entre 5 et 15%, selon les régions. En fait, le nombre des asthmatiques dépend du climat et des conditions dans lesquels ils vivent.  Et c’est là où il y a un taux élevé de pollution que ce chiffre augmente. 
Il y a donc de fortes chances pour qu’il y ait un accroissement du nombre des asthmatiques au Maroc, dans le milieu urbain et surtout dans les zones industrielles. Mais ce n’est pas seulement ce facteur de risque qui est mis en cause. Les patients sont eux aussi concernés puisqu’une bonne majorité d’entre eux pense bien faire en arrêtant le traitement dès que les crises cessent. D’autres asthmatiques sous comprimés ne prennent plus leurs médicaments pour jeûner contre l’avis du médecin. Or, la prescription thérapeutique doit être suivie à la lettre. La prise de médicaments se fait à des intervalles bien déterminés et donc cela nécessite le respect des doses et des horaires. Le réaménagement thérapeutique devient de ce fait impossible dans ce cas-là. Voilà pourquoi dès qu’il y a changement, des répercussions s’en suivent. A titre d’exemple, les asthmatiques qui modifieront l’horaire de prise de théophylline devront supporter les nausées et les douleurs abdominales.
Il ne faut pas oublier non plus que, durant le Ramadan, les interactions entre aliments peuvent favoriser ou, au contraire, retarder l’effet escompté d’un médicament. Tout dépend, dans d’autres cas du type d’aliments ou de boissons absorbées.
Une alimentation qui contient peu d’hydrates de carbone, mais beaucoup de protéine conduit, en fait, à l’élimination du médicament théophylline. Cela veut dire que l’asthmatique est moins protégé contre l’apparition des crises. Voilà pourquoi, on ne répétera jamais assez qu’il est toujours recommandé de se soumettre scrupuleusement à la prescription de son médecin traitant.

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