Bal des revenants : El Guezzar, l’éternel fidèle au ballon rond

Bal des revenants : El Guezzar, l’éternel fidèle au ballon rond

«A l’âge de 8 ans, je jouais au ballon avec mes amis au quartier l’Habitat à Fès. J’aimais beaucoup le ballon, je ne m’en séparais jamais», dit Redouane El Guezzar qui a trouvé sa voie depuis sa tendre enfance. A l’âge de 12 ans et après avoir réussi son CM2, le jeune prodige s’inscrit au lycée Moulay Driss et commence à participer aux jeux scolaires. «Les entraîneurs du MAS venaient souvent chercher les jeunes footballeurs en herbe pour renforcer leur équipe des jeunes. L’entraîneur Abdallah Settati m’a remarqué et permis d’intégrer les minimes du club Fassi lors de la saison 1962-1963», raconte Redouane El Guezzar.
Minime, cadet et ensuite senior au sein du MAS, le joueur se distingue et prend de l’élan. De 1966 à 1997, il est dans l’équipe première du MAS. A l’âge de 16 ans, El Guezzar se préparait déjà avec les seniors qu’il rejoint en tant que cadet surclassé.
Durant cette même année, El Guezzar sera intégré à l’équipe nationale des juniors et, en même temps, fait partie de la sélection scolaire et universitaire. L’année 1968, il rejoint l’équipe nationale Espoir. Au cours de la saison 1968-1969, il est titulaire au sein de son club le Moghreb Association Sportive et participe à un tournoi de football maghrébin. L’équipe avait affronté l’Algérie et la Tunisie et c’est le Maroc qui avait remporté le tournoi. «Nous avons attiré l’attention de tout le monde lorsque nous avons remporté ce tournoi. En cette année, j’ai intégré l’équipe nationale A et je suis entré dans un camp de concentration à Ifrane et à Imouzar», poursuit-il. En 1969, l’équipe nationale a joué un match amical à Oran contre l’Algérie, ce match s’inscrivait dans le cadre de la préparation à la Coupe du monde. Le Maroc a battu l’Algérie par 4-2. En 1970, El Guezzar ne pouvait pas représenter le Maroc lors de la Coupe du monde au Mexique. Il avait passé son baccalauréat en lettres modernes. «J’étais très triste, je ne pouvais pas représenter mon pays. A cette époque-là, je jouais avec les ténors du football national, comme Slimani, Bamous, Allal, El Maaroufi et Moulay Driss», confie l’ex-joueur.
En 1976, El Guezzar et ses coéquipiers ont été sacrés champions d’Afrique, ils ont gagné le seul titre africain réalisé par les Marocains jusqu’à aujourd’hui. «On jouait pour le maillot national. Faras, Aassila, Dolmi, Baba, Charif, Tazi , E l Hazaz, Ezhraoui et d’autres ont marqué l’histoire du football national et réjoui le coeur des Marocains. De retour au Maroc, nous étions accueillis par SM Le Roi Mohammed VI, alors  Prince héritier à ce moment-là, le Prince Moulay Rachid et le Prince Moulay Hicham. Nous étions chaleureusement reçus par le peuple marocain à la ville de Casablanca», se rappelle-t-il.
Selon El Guezzar, les responsables de la fédération ont promis aux joueurs que s’ils remportaient la Coupe d’Afrique des Nations, ils leur offriraient une récompense : une voiture pour chacun et une importante prime. Mais, la fédération, d’après l’ex-joueur, s’est contentée de donner uniquement une très modeste somme d’argent : 10.000 DH. «Nous avons joué 6 matchs et l’on a passé six mois de préparation et à la fin, on nous a donné une prime misérable», estime-t-il. Et d’ajouter : «J’ai joué au MAS de 1963 jusqu’en 1982. L’équipe a remporté deux championnats et deux Coupes de Trône. Le MAS était une seconde famille pour moi, il était dirigé par des gens très compétents. Nous avions, comme entraîneur, le français Knayer, il était professionnel, il nous a entraîné pour une durée de 12 ans», tient à souligner El Guezzar Il suffisait pour ce dernier ainsi qu’à ses coéquipiers de voir un grand public sur les gradins pour être motivés. «Partout au Maroc, les gradins étaient archi-combles, le MAS regroupait les meilleurs éléments de football national, les onze éléments de l’équipe comme El Hazaz, Slimani, Moulay Driss, Moutaki, Aatik, Bounou, El Zahraoui, Boutayeb, Dehamani, Abdallah Benay et moi», dit-t-il, fièrement. C’est grâce à cet esprit d’équipe et à cette fierté intarissable que des footballeurs comme El Guezzar gardent jalousement leurs souvenirs.

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