Bal des revenants : Mohamed Sahraoui : «Le football n’a jamais été un gagne-pain»

Bal des revenants : Mohamed Sahraoui : «Le football n’a jamais été un gagne-pain»

«J’étais parmi les passionnés du football et non de ceux qui le considèrent comme un gagne-pain. Le football est toute ma vie, je me donnais à fond, je m’épanouissais dans les stades. J’ai connu beaucoup de personnes au cours de mes voyages partout dans le monde. J’ai goûté à ces moments de bonheur, je ne l’oublierai jamais», déclare Mohamed Sahraoui.
Né en 1942 à Casablanca au quartier de Derb Ghallef, il jouait au football avec ses copains dans les terrains vagues lorsqu’il a croisé Abdelkebir Kabour. C’est lui qui l’a poussé à intégrer le Wydad Athletic Club. «J’avais 14 ans quand j’ai intégré les cadets du WAC, c’était en 1956. Je jouais au poste d’attaquant, je jouais merveilleusement bien, je grimpais les échelons sans trop de peine. En 1957, j’étais surclassé, alors que je n’avais que 15 ans. Je jouais en tant que remplaçant dans l’équipe senior du Wydad, j’avais comme entraîneur Masson», raconte-t-il fièrement.
Entre 1959 et 1960, l’occasion se présentait pour ce talentueux joueur. Le temps est venu pour qu’il puisse enfin s’affirmer au sein de son équipe. Lors d’un match qui opposait le WAC au MAS de Fès, Mohamed Sahraoui a joué comme ailier gauche. Les Wydadis étaient menés par 1-0. Mohamed Sahraoui a marqué un but à partir du corner et permis à son équipe d’égaliser. «J’étais le plus jeune de tous les joueurs. Félicité par une grande ovation qui a retenti à ce moment-là, j’étais très heureux», se rappelle-t-il avec autant d’émotion. Mohamed Sahraoui a passé 17ans au sein du WAC (de 1956 à 1972) et durant ces années, son équipe a été quatre fois champion du Maroc, deux fois finaliste et a remporté une seule fois la Coupe du Trône. Sahraoui a également participé, deux fois, à la Coupe Mohammed V en 1966-1967 et en 1968-1969. C’est une coupe à laquelle prenaient part de grands clubs européens et le tenant du titre national.
Sahraoui a été sollicité par l’équipe nationale en 1955, il jouait avec les cadets, les juniors et les seniors.
Il a été sollicité trois fois pour renforcer l’équipe des FAR lors des Championnats du monde militaires. Il a aussi fait partie de l’équipe de la police pour participer à un tournoi africain en Libye en 1967.
«J’étais titularisé avec l’équipe nationale A en 1970. J’avais participé aux matchs de qualification des Jeux olympiques de Tokyo et également à des matchs amicaux», indique-t-il.
En 1972-1973, il rejoint l’Association douanière marocaine (ADM) et devient en compagnie de ses coéquipiers champions du Maroc et finaliste de la Coupe du Trône, une finale qui n’a jamais été jouée pour des raisons politiques. En 1974-1975, il regagne le Raja Club Athlétique de Casablanca où il ne reste qu’une seule saison. Mohamed Sahraoui met terme à sa carrière footballistique pour se consacrer à l’entraînement des clubs.
En 1975, il suit une formation à l’école des éducateurs à Rabat «Belle Vue». L’année suivante, il effectue un stage à l’Institut national Moulay Rachid, lors de la saison 1977-1978 et décroche un autre diplôme d’entraîneur de 2e degré à l’école des éducateurs à Rabat. En 1979, il part en France, à Vichy, pour confirmer son diplôme d’entraîneur de 2e degré. Entre 1980 et 1981, il suit un stage de la FIFA pour décrocher un diplôme d’entraîneur de 3e degré à l’Institut national Moulay Rachid. Une saison après, il effectue une formation d’entraîneur fédéral, suivie d’un autre stage de la FIFA en Allemagne pour la confirmation de son 3e degré d’entraîneur. Durant cette période de formation, Mohamed Sahraoui s’exerçait plus davantage pour devenir l’un des meilleurs entraîneurs de bon nombre de clubs nationaux, dont le club du WAC, l’USK, l’OCB, un club de 2e division. Après l’équipe nationale des cadets, cet entraîneur passe deux années (de1982 à 1984) dans un club de 2ème division nommé NDR de Aïn Sebaa. Par la suite et pendant un an, il encadre un club libyen de 2e division:  «Nadi Al Akhdar».
 De retour au Maroc, il entraîne le Raja de Beni Mellal (RBM) de 2e division et le Tabac Sport. Lors de la saison 1988-1989, les Wydadis joueront sous sa houlette. Ensuite, l’entraîneur se dirige vers Mohammédia pour encadrer l’USM et de 1990 à 1992, il est au Rachad Bernoussi de la 2e division. Après avoir entraîné les joueurs du club Roches Noires, Mohamed Sahraoui devient directeur technique au sein du WAC. Il encadre, par la suite, les équipes nationales des cadets et des juniors. Le TAS, le RBM et la Jeunesse d’Al Massira de la 1ère division figurent tous sur la liste de cet entraîneur. «L’entraîneur ou l’encadreur a toujours été comme une sorte de grand frère pour les joueurs de football. A force de forger, on devient forgeron. Je veux aider les joueurs au maximum et pouvoir répondre autant que possible à leurs attentes. Le joueur n’a jamais été un esclave, un sportif motivé et encouragé se donne toujours à fond et donne satisfaction. Aujourd’hui, les choses ont changé, les bonnes conditions de la pratique ne sont pas assurées», souligne Mohamed Sahraoui. Pour cet homme de 65 ans, père de cinq enfants, sa grande passion reste intacte quelles que soient les conditions. C’est avant tout un sportif, qui en plus du football, pratique aussi l’athlétisme, la natation, le volley-ball, le basket-ball et le handball.

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