Bal des revenants : Tmimi, le bourreau des filets

Bal des revenants : Tmimi, le bourreau des filets

En football, il y a des postes clefs et des joueurs convoités à plus d’un titre. Une équipe avec un bon gardien, un défenseur intraitable et un avant opportuniste et efficace est certes redoutable. Durant son histoire, jalonnée de succès et d’échecs, le Mouloudia d’Oujda a connu des joueurs qui ont laissé une empreinte inaltérable. Parmi ces joueurs, figurent des buteurs patentés. Tout a commencé avec feu Madani, ce magicien créatif devant les bois. Par la suite, les Kaddour, Azzaoui et Belhiouene ont dérouté plus d’un gardien par leur savoir- faire devant les bois. Ce n’est que dans les années quatre-vingt qu’un joueur allait faire trembler tous les gardiens du championnat durant presque une décennie. A tel point qu’il a remporté le titre du goleador  du championnat national lors de la saison 1983- 84 avec 23 buts. Il s’est classé deuxième en 1982 et en 1985. Au cours de cette dernière année c’est la blessure qui l’a privé d’un titre amplement mérité.
Alae Tmimi possédait toutes les qualités d’un avant centre hors-paire. Un très bon emplacement dans le carré adverse, une bonne réception du ballon, une réplique instantanée, une détente exceptionnelle et une efficacité phénoménale devant les bois. Il suffisait à ses coéquipiers de l’alimenter par des passes aériennes pour qu’il fasse la différence.
Mais avant d’atterrir au MCO, Alae a fait ses premiers cours d’apprentissage dans les terrains vagues de la ville. La construction du complexe sportif dans la région sud d’Oujda a encouragé plusieurs jeunes des quartiers avoisinants à signer au MCO. Alae, encouragé par son père, n’a pas hésité à rejoindre ses amis au sein des catégories jeunes du Mouloudia. Il  s’est vite frayé une place de choix dans ces catégories et a vite gagné sa place de titulaire. L’assiduité aux entraînements, le respect des consignes de ses entraîneurs et sa discipline  de garçon sans problèmes ont attiré l’attention du président historique du Mouloudia feu Belhachmi qui a demandé à l’entraîneur des seniors de le convoquer alors qu’il était juste junior. Dès l’âge de dix-sept ans, il faisait déjà partie de l’effectif senior.
Au Mouloudia, les résultats en dents de scie allaient marquer toute une période de vaches maigres au début des années quatre-vingt. L’équipe ne jouait plus les premiers rôles de la décennie précédente. C’était aussi les années de bras de fer entre le président Belhachmi et quelques nouveaux membres fédéraux.
L’équipe se trouvait entre l’enclume et le marteau. Mais en dépit de cela, plusieurs joueurs ont émergé du lot. C’était l’époque des Filali M’barek, Houcine, Elabed, le maestro Benamar, qui ont tous joué en équipe nationale. C’est avec ce groupe que Tmimi allait connaître les joies de l’attaquant prisé. Alae ne jouait pas seulement pour marquer des buts mais visait une place en équipe nationale. Pour mériter une sélection, il fallait se distinguer en championnat et il fallait surtout remporter le sacre du goléador.
Tmimi avait  une belle carte à jouer puisqu’il était rapide, technicien, et travailleur sur le front de l’attaque et surtout il ne tremblait pas au dernier moment.
C’est ce qui arriva lors de la saison 1983-1984. Il remporta haut les mains ce titre de buteur avec 23 consécrations. Juste une année auparavant, il s’est classé deuxième. Avec de tels succès, Mahdi Faria, entraîneur des Lions de l’Atlas, le convoqua pour défendre les couleurs nationales. 
Mais puisque, en foot, rien n’est acquis d’avance, et alors qu’il s’apprêtait à accompagner l’équipe nationale pour son aventure mexicaine de 1986,  une vilaine fracture le prive du beau rêve d’une participation à une Coupe du monde.
«C’était dur de reprendre avec cet arrière goût d’amertume. Mais grâce à la solidarité de mes coéquipiers et l’estime du public, j’ai vite repris le chemin des entraînements et des stades», confie-t-il à ALM.
Tmimi allait alors trouver une autre passion : marquer des doublés aux meilleures équipes du championnat. C’est ce qu’il réalisa contre le KAC, le MAS, le WAC et surtout contre la grande équipe des FAR.
A chaque fois que les coéquipiers de Timoumi se déplaçaient à Oujda, ils drainaient au complexe plus de 25 000 spectateurs, et à chaque fois Tmimi allait faire parler la poudre à deux reprises en réalisant  des doublés d’anthologie.
Tmimi, ce pur produit du MCO, a aussi fait les beaux jours du KACM et du CODM avant de terminer sa carrière de footballeur à Oujda.
Tmimi est marié, père de Anas et Houssam,  et assume une responsabilité à Dar Attaliba de Marrakech comme il fait partie du staff technique du marathon international de la ville ocre. 

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