Balkans : Le Ramadan à Sarajevo

Entre les minarets des mosquées rappelant Istanbul, les dômes des églises orthodoxes et l’architecture-type des synagogues, Sarajevo jeûne en  cet octobre 2006. L’Islam slave, d’obédience sunnite, a triomphé de bien des épreuves depuis cinq cents ans. Ni l’effondrement de l’empire othoman signant la fin du Khalifat (vécu comme une tragédie par tous les musulmans des Balkans), ni la période de Tito, ni même la guerre intercommunautaire qui a ensanglanté Sarajevo au milieu des années 90, n’ont pu venir à bout de ces fêtes populaires qui caractérisent les soirées de Ramadan.
Dans le vieux marché de la ville, un quartier ancien, la dévotion est encore plus visible. Dans ce quartier ottoman de Sarajevo, la mosquée Gazi Hrussev-Bey garde encore toute la richesse de son architecture et de ses fresques datant du 15ème siècle. Le financement des travaux de rénovation de cet édifice par des fonds saoudiens avaient fait quelques gorges chaudes dans certains pays de l’Union européenne qui avaient crié au «prosélytisme» et à la menace de l’Islam local, vu comme étant plus tolérant.
Cette mosquée a pourtant comme rivale celle du Roi Fahd d’Arabie Saoudite, l’une des plus vastes d’Europe. Il faut dire que depuis l’accord de Dayton marquant la fin de la guerre, l’entraide musulmane a joué son effet. A la suite de l’Arabie Saoudite et du Koweït, l’Indonésie a entièrement financé une grande mosquée dans le quartier Otoka, alors que la République islamique d’Iran a financé un centre culturel tout neuf. Le tiers des mosquées détruites a été reconstruit.
L’appel des muezzins rythme de nouveau l’irréductible ville qui a fait face à l’un des plus grands sièges courant le 20ème siècle. Ici le sentiment d’appartenance islamique, accru par la situation d’îlot, reste assez vif. Lors de la crise des caricatures, des milliers de personnes avaient manifesté à Sarajevo, poussant la presse occidentale à crier à la «radicalisation des musulmans de Bosnie».

Sept siècles d’histoire
Avant la guerre, le dernier recensement évaluait la population à 429 672 habitants.  De  nos jours, la population de Sarajevo est estimée à environ 400 000 Sarajéviens. La cité est considérée comme l’une des plus importantes villes des Balkans et son histoire est particulièrement riche depuis sa création par les Ottomans en 1461. La ville a été le lieu de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche, qui marqua le début de la Première Guerre mondiale et plus récemment elle accueillit les Jeux olympiques d’hiver de 1984 et fut assiégée durant la guerre de Yougoslavie dans les années 1990. Sarajevo fait partie du canton de Sarajevo. La rivière Miljacka traverse la ville.

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