Bilal Ibnou Rabah

Et le lendemain, à midi, les bourreaux conduisaient Bilal à la place de la veille, sans savoir qu’il était armé de patience et de résolution. Puis, un jour, Abou Bakr as-Seddiq alla à cet endroit, pour leur dire : «Aller vous tuer un homme parce qu’il dit que son seigneur est Dieu?» Par la suite, il dit à Oumaya : «Je l’achète avec un prix dépassant sa valeur. Qu’en dis-tu?». Oumaya, ne se fit pas attendre de prendre au vol la bouée de sauvetage qui venait de lui être lancée. Ayant perdu espoir de briser la volonté de Bilal, il accepta l’offre d’Abou Bakr. Il s’était rendu compte que le prix de Bilal était plus profitable que sa mort. Comme Abou Bakr aidait Bilal à se relever, Oumaya dit : «Prends-le! si tu m’avais proposé un ouqiya, je te l’aurais vendu». Abou Bakr, se rendant compte que ces mots étaient destins à humilier Bilal répondit : «Par Dieu! si vous aviez exigé cent ouqiyas, je les aurais avancées!» Puis il se retira avec Bilal. Puis, plus tard, il y eut l’exode à Médine et le Messager (ç) décrète l’appel à la prière. Qui allait être le premier muezzin des musulmans? Qui allait lancer cet appel cinq fois par jour? Eh bien! Le Messager (ç) allait choisir Bilal qui, treize ans auparavant, avait dit aux polythéistes : «Dieu est l’Unique… il est l’Unique».
Puis, il y eut la bataille de Badr entre lea musulmans et les Qoraychites qui étaient sortis au secours de leur caravane. Oumaya ben Khalaf y était et Bilal aussi. Mais chacun se trouvait dans le camp opposé. Ce jour-là, le chant que Bilal répétait sous la torture devint le slogan menant les musulmans au combat et à la victoire. Omaya vit alors sur le champ de bataille Abdurahman ben Aouf et il demanda sa protection. Abdarrahman accepte et le conduisit vers l’endroit où on rassemblais les captifs, Bilal le vit sur le chemin et dit à voix haute: «Le chef de file de la mécréance! Omaya ben Khalaf!» Puis, il s’élança, l’épée menaçante. Abdarrahman intervint: “Bilal! c’est mon captif!». Comment Omaya était-il un captif, alors que tout à l’heure il maniait son sabre contre les musulmans? Sur ce, Bilal appela ses compagnons: «Ô soutiens de Dieu! voilà le chef de file de la mécréance! Omaya ben Khalaf!» Un groupe de musulmans accoururent et encerclèrent le polythéiste et son fils. Abdarrahman ben Aouf ne put rien faire…
Puis, les années passèrent et les musulmans entrèrent à la Mecque en libérateurs. Le Messager (ç) se dirigea droit vers la Kaâba encore encombrée d’idôles. A partir de ce jour, plus de Houbal, plus de Ouzza, plus de Lat en ce lieu sacré. Le Messager (ç) entra avec Bilal à l’intérieur de la Kaâba, puis il lui demanda de monter sur le toit et de lancer l’appel à la prière. Bilal monta et lança l’appel devant les milliers de musulmans. Ces derniers reprenaient après lui chaque séquence de l’adhan, tandis que la majorité des polythéistes étaient dans leurs maisons. Cependant, trois notables qoraychites se trouvaient devant la Kaâba: Abou Soufyan ben Harb qui venait de se convertir à l’islam, Attab ben Ousayd et al-Harith ben Hicham qui étaient encore polythéistes.
"Dieu a bien fait d’épargner à mon père d’écouter celui-là. Sinon il aurait entendu ce qui l’exaspérait, dit Attab.
– Par Dieu! si je sais que Mohammad a raison, je le suivrai, dit al-Harith»
Quant au rusé Abou Soufyan, il dit: «Moi je ne dis rien. Si je dis quelque chose, ces cailloux rapporteront cela.»
Quand le Prophète (ç) sortit de la Kaâba, il leur dit: «J’ai su ce que vous avez dit». Puis il leur raconta leur conversation. Al-Harith et Attab dirent à voix haute; «Nous attestons que tu es vraiment le messager de Dieu. Par Dieu! personne ne nous a entendus pour que nous disions qu’il t’a informé!». Bilal était le compagnon de toujours du Prophète (ç). Il prenait part aux expéditions et aux batailles, lançait l’appel à la prière, accomplissait les rites de cette religion nouvelle. Si bien que le Prophète (ç) dit de lui: «C’est un homme qui fait partie des compagnons du Jardin.». Mais Bilal était resté toujours modeste. Une fois, avec un compagnon qui voulait se marier lui aussi, il alla demander la main de deux femmes. Devant le père, il dit: «Je suis Bilal et voilà mon frère. Deux esclaves d’Abyssinie. Nous étions des égarés mais Dieu nous a guidés. Nous étions des esclaves mais Dieu nous a libérés. Si vous nous donnez la main de vos filles, alors louange à Dieu, Si vous refusez, alors Dieu est grand». Après la mort du Messager (ç), Bilal dit au khalife Abou Bakr: "Ô khalife du Messager, j’ai entendu le Messager de Dieu dire: «La meilleure action du croyant c’est de combattre sur le chemin de Dieu
– O Bilal, que veux-tu? dit Abou Bakr".
– Je veux sortir pour stationner sur les frontières et me consacrer ainsi au combat sur le chemin de Dieu jusqu’à la fin de mes jours.
– Et qui va s’occuper de l’adhan?
– Je ne ferai plus d’adhan pour personne après la disparition du Messager de Dieu
– Reste et occupe-toi de l’adhan pour nous, O Bilal -Je ferai ce que tu veux, dans le cas où tu m’avais libéré pour que je sois à toi. Sinon, laisse-moi avec la cause pour laquelle tu m’avais libéré, dans le cas où tu m’avais libéré en vue de Dieu.
– Au contraire, je t’avais libéré en vue de Dieu, ô Bilal…». Là, les historiens divergent. Selon certains, Bilal partit aux frontières de Syrie, en tant que combattant pour la cause de l’Islam. Selon d’autres, il resta à Médine après avoir accepté la demande d’Abou Bakr. Mais après la disparition de ce dernier, il demanda au nouveau khalife Omar ben al-Khattab la permission d’aller stationner sur les frontières, pour la cause de Dieu. Après quoi, comme il voulait, il s’en alla en Syrie.
Sa tombe se trouve à Dames.

• «Des hommes autour du Prophète»
Khalid Mohammad Khalid
Traduction : Abdou Harakat
Ed. Dar Al-Kotob Al-Ilmiyah
Beyrouth, 2001 – 224 pages


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