Bush, l’allié de Sharon

Bush, l’allié de Sharon

Des hauts et des bas, souvent mi-figue mi-raisin, empreints parfois de duplicité, notamment depuis le premier mandat présidentiel décroché par Bush fils, il n’était plus question que d’hypocrisie, parfois non-masquée, selon la circonstance. Ainsi pourrait-on qualifier la politique américaine au Proche-Orient. Le président défunt de l’Autorité palestinienne aura tout vu avec les Etats-Unis.
Yasser Arafat partit chez l’Oncle Sam en 1974, lorsque celui-ci fut reçu, le 13 novembre, à l’Organisation des Nations unies. Le leader palestinien reconnut implicitement Israël et lança un appel, devant l’Assemblée générale de l’ONU, à toutes les parties afin de rechercher une solution pacifique pour la Palestine.
Il fut, ainsi, le premier représentant d’une organisation non gouvernementale à participer à une session plénière de l’Assemblée générale de l’ONU. Arafat ordonna que l’OLP cesse tout acte de violence à l’extérieur d’Israël, de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.
L’OLP avait reçu le statut d’observateur et le peuple palestinien s’est vu reconnaître, par l’Assemblée générale de l’ONU, le droit à la Souveraineté et à l’Indépendance nationale. Cette année 1974 constitue, également, une année riche en avancées politiques à caractère pacifiste pour Yasser Arafat. Auparavant, l’OLP avait adopté le principe de création d’un Etat palestinien sur les territoires qui seront «libérés».
Auparavant, en novembre 1973, lors du Sommet arabe d’Alger, l’OLP est reconnue comme «seul représentant du peuple palestinien». La Jordanie s’était abstenue sur cette résolution, mais rectifiera le tir en octobre 1974 lors du Sommet arabe de Rabat, se ralliant au point de vue majoritaire et reconnaît l’OLP.
Quelques années plus tard, le 1er octobre 1977 coïncide avec la Déclaration américano-soviétique sur la paix au Proche-Orient. Celle-ci avait bénéficié de l’appui de l’OLP.
La signature des accords de Camp David entre l’Egypte, Israël et les Etats-Unis aura lieu le 17 septembre 1978. Accords qui seront, par ailleurs, condamnés par le sommet arabe de Bagdad en novembre.
«Mohammed Anouar Al-Sadate, président de la République arabe d’Égypte et Menahem Begin, Premier ministre d’Israël, se sont réunis avec Jimmy Carter, président des États-Unis d’Amérique, à Camp David, du 5 au 17 septembre 1978 et ont convenu d’un accord-cadre pour la paix au Proche-Orient. Ils invitent les autres parties impliquées dans le conflit israélo-arabe à s’associer à cet accord-cadre.
«L’Égypte, Israël, la Jordanie et les représentants du peuple palestinien participent à des négociations portant sur la solution du problème palestinien, dans tous ses aspects. À cette fin, des négociations relatives à la Cisjordanie et à Gaza se sont déroulées en trois étapes.» Ronald Reagan présentera, le 1er septembre 1982, son «plan de paix».
En 1988, les Etats-Unis refusent de délivrer le visa au chef de l’OLP. Résultat : le discours de Yasser Arafat devant l’Assemblée générale des Nations unies eut lieu à Genève. Dans son discours, Yasser Arafat reprend les déclarations de l’OLP, lors de la 19ème session du Conseil national palestinien, en novembre à Alger, où l’OLP avait proclamé l’État de Palestine et reconnu les résolutions 181, 242 et 338. Arafat condamne le terrorisme sous toutes ses formes et Washington accepte alors d’ouvrir un «dialogue substantiel» avec l’OLP. Le dialogue américano-palestinien sera suspendu, le 20 juin 1990 par George Bush.
Le 11 mars 1991 sera marqué par la première visite du secrétaire d’Etat américain, James Baker, à Jérusalem, depuis la guerre du Golfe. De nombreuses négociations suivront jusqu’à l’acceptation par Israël, le 2 août 1991, du principe d’une conférence de paix. Après l’accord donné le 3 octobre par le Conseil national palestinien et une dernière tournée de consultations, James Baker annonce depuis Jérusalem, en compagnie de son homologue russe, la convocation de la conférence de paix pour le 30 octobre à Madrid.
Ainsi, ce sont George Bush et Mikhaïl Gorbatchev qui donnent le coup d’envoi de la Conférence de Madrid. Celle-ci sera suivie, le 3 novembre, des premières négociations bilatérales entre Israël et ses voisins arabes, y compris Palestiniens, représentés par une délégation commune jordano-palestinienne. L’OLP, affaiblie du fait de sa position pro-irakienne lors de l’invasion du Koweït, préfère qu’il en soit ainsi, même si la délégation jordano-palestinienne ne comprend ni représentant officiel de l’OLP, ni représentant des réfugiés. En effet, l’alliance avec Saddam Hussein vaudra à Yasser Arafat, après la deuxième guerre du Golfe et la défaite des armées irakiennes, le ressentiment et la colère des Américains.
Paradoxalement, le nouveau gouvernement d’Israël, où la gauche arriva au pouvoir en 1992 avec Itzhak Rabin et Shimon Peres, allait renforcer la position du vieux leader.
Les négociations se poursuivront, non sans mal, en décembre et février, alors que les négociations multilatérales s’ouvriront, à Moscou, le 28 janvier 1992. Basées sur le principe de la restitution des territoires en échange de la paix, les négociations s’enliseront peu à peu avant d’être relancées, en effet, par la victoire des travaillistes aux élections israéliennes de 1992 et les négociations secrètes d’Oslo. La Maison-Blanche abrite, le 13 septembre 1993, la signature par l’OLP et le gouvernement israélien, en présence de Itzhak Rabin et de Yasser Arafat, de la Déclaration de principes sur les arrangements intérimaires d’auto-gouvernement.
Le monde entier retint la poignée de main échangée entre Arafat et Rabin. En 1994, Yasser Arafat recevra le prix Nobel de la paix, avec Shimon Peres et Itzhak Rabin.
À cette époque, Yasser Arafat était face à des interlocuteurs considérés comme les plus sérieux qu’il ait pu rencontrer durant son parcours, que ce soit au niveau des Etats-Unis ou d’Israël, en les personnes de Bill Clinton et Itzhak Rabin.
Le mois de juillet 2000 sera marqué par les négociations à Camp David entre le président américain Bill Clinton, le Premier ministre israélien Ehoud Barak et le président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat. L’année 2001 connaîtra ce qui peut être qualifié de nouvelle «Naqba» pour la Palestine et Yasser Arafat. Le conservateur Ariel Sharon est élu Premier ministre, tandis qu’aux États-Unis, le pro-israélien George W. Bush est élu président.
George W. Bush devient le 43e président des Etats-Unis, le 20 janvier 2001, sans avoir acquis la majorité des voix. Quelques jours plus tard, le candidat de la droite, Ariel Sharon, est élu premier ministre d’Israël avec 62,5 % des voix, le 6 février. Les deux nouveaux dirigeants allaient sonner le glas de la paix.
Commence alors une nouvelle ère. Une ère où la question palestinienne et les dirigeants palestiniens seront traités avec mépris. L’arrogance respective de chacun des deux nouveaux élus, américain et israélien, atteindra son paroxysme lorsque l’un s’adonnera à des massacres d’une rare barbarie contre le peuple de Palestine, sous la bénédiction de l’autre qui ne jurera plus que par les qualités « pacifiques » de son homologue.
Tous les efforts fournis par les faiseurs de paix palestiniens, américains et israéliens seront, tout bonnement, enterrés. Yasser Arafat finira sa carrière confiné dans son QG à Ramallah, toujours sous la bénédiction de l’Administration Bush, jusqu’à son récent transfert en France, pays où la démocratie a tout son sens, où le grand leader rendit l’âme.

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