Cadrage : Le dernier des résistants

Après avoir combattu la mort durant deux semaines, le président palestinien, Yasser Arafat, est décédé jeudi à l’hôpital parisien où il était interné suite à la détérioration de sa santé. Durant deux semaines, les Palestiniens, et avec eux le monde entier ont suivi avec incertitude l’état de santé du leader incontesté de tous les Palestiniens. Pendant les quinze jours de son internement à Paris, on a annoncé plusieurs fois son décès et l’on a démenti autant de fois les informations faisant état de sa mort.
Mais, ce 11 novembre, l’information diffusée à 3h30 du matin ne sera pas démentie. Le « raïs » est mort. Les négociations menées avant son départ pour se faire soigner à Paris afin que le gouvernement israélien lui permette de revenir à Ramallah n’ont plus aucun intérêt. La liste de conditions posées par Tel-Aviv pour ce retour était d’ailleurs devenue caduque quelques jours à peine après son arrivée à Paris. Les premiers bilans médicaux avaient en fait indiqué que l’état de santé du président était très grave. Aussitôt que la nouvelle avait été infiltrée, tous ceux qui sont concernés de près ou de loin ont dû réviser leurs calculs.
Et l’on a assisté à des scènes lamentables où les proches du président qui se débattait entre la vie et la mort étaient déjà entrés en compétition pour s’installer au sommet de la hiérarchie de l’Autorité palestinienne. Entre les préférés des Américains, ceux des Israéliens et ceux des pays arabes, la guerre faisait rage et à chaque fois que l’une ou l’autre partie sentait qu’elle était proche du but escompté, elle se précipitait pour annoncer la mort du président. Lamentable.
Mais ce que tous les candidats semblent avoir oublié, pendant qu’ils étaient occupés à se faire la guerre, est que ce n’est pas le fait d’être le préféré des Etats-Unis, d’Israel ou d’un certain pays arabe qui fait que l’on devient un « Arafat ».
Car Yasser Arafat n’était pas le préféré des uns ou des autres. Il était celui des Palestiniens. De tous les Palestiniens. Toutes factions confondues. Son autorité était approuvée par le Fatah, le Hamas, le Jihad et tous les autres mouvements de libération de la Palestine malgré les différends idéologiques. Sa force émanait du soutien inébranlable que lui vouait le peuple palestinien. Sa souveraineté, il la détenait de cet amour que les Palestiniens avaient pour lui. Et c’est grâce à ce soutien unanime qu’il était devenu le leader qui a pu unifier tous les mouvements palestiniens et aller jusqu’à braver toutes les difficultés en prenant l’audacieuse décision d’entamer des négociations avec l’Etat hébreu et de conclure un accord de paix.
Avec sa disparition, le peuple palestinien perd un grand leader dont il sera très difficile de trouver un successeur jouissant du même soutien populaire et du même charisme. La cause palestinienne se trouve donc aujourd’hui devant l’une des phases les plus difficiles de son histoire et les factions palestiniennes de faire preuve de sagesse et privilégier l’intérêt du peuple palestinien sur celui des petits calculs individuels.

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