Casablanca : SOS patrimoine en danger

Casablanca : SOS patrimoine en danger

«Casa-Mémoire», l’association pour la protection et la sauvegarde du patrimoine architectural de Casablanca, tire la sonnette d’alarme. Tout a commencé à la suite des effondrements survenus à l’intérieur de l’immeuble Bessonneau, communément appelé immeuble de l’hôtel Lincoln, situé dans le boulevard Mohammed V. L’immeuble, abandonné depuis plusieurs années, est devenu un véritable repère pour les clochards de la capitale économique. D’ailleurs, ces squatters avaient même leur « Amine », celui par qui il faut passer pour résider dans les ruines de l’hôtel Lincoln. Le lundi 12 avril, donc, des effondrements ont fini par coûter la vie à un squatter. Les forces de l’ordre sont intervenues, expulsant tout le monde. Rappelons que l’immeuble en question a été construit en 1916-1917, au beau milieu de la Première Guerre mondiale par l’architecte Hubert Bride. Aussi, l’édifice est inscrit parmi les monuments historiques par décision du ministère de la Culture, en mars 2000. Aujourd’hui, l’association appelle les pouvoirs publics à prendre au sérieux ce dossier. « Il est inconcevable que le propriétaire de l’immeuble ne fasse absolument rien pour préserver l’édifice », lance Mustapha Chakib, architecte et président de l’association Casa-Mémoire.
Lors d’une réunion, tenue mardi dernier, le wali de Casablanca, Mohamed Sajid, a rassuré les membres de l’association: « L’immeuble ne sera pas démoli », au grand dam du propriétaire. « Le plus urgent, aujourd’hui, est d’étayer l’immeuble car il menace de s’effondrer à tout moment », affirme Chakib. Des entreprises spécialisées dans ce domaine vont bientôt être désignées. Dans tous les cas, même si l’immeuble est susceptible de tomber, l’association militera pour qu’aucun autre édifice ne soit construit à sa place. « Nous lutterons pour que le terrain abrite un jardin public par exemple, souligne Chakib. Et d’ajouter : « Pas question de tomber dans le piège des spéculateurs ».
Tout en insistant sur la nécessité d’activer l’obligation d’entretien, prévue par la loi, Chakib estime que les autorités doivent mettre en place une fiscalité privilégiée au profit des propriétaires de bâtiments qui représentent un intérêt particulier pour le patrimoine de la ville. A l’instar des pays européens et américains, notre pays doit offrir des mécanismes de financements souples à ces propriétaires. C’est le cas de prêts bancaires à des taux préférentiels. L’association Casa-Mémoire a été créée en 1995 par un groupe de personnes, spécialement des architectes, dont notamment Jacqueline Alluchon. La première présidente fut Amina El Alaoui, architecte à la wilaya. Ce fut le tour, ensuite, de Rachid El Andaloussi, architecte dans le privé.

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