Ce qui change pour la femme pendant le Ramadan

Ce qui change pour la femme pendant le Ramadan

La femme marocaine voit, pendant le mois de Ramadan, sa responsabilité se doubler. En plus de son aspect vestimentaire, elle connaît, au cours de ce mois sacré, un grand changement dans ses habitudes : dormir peu et investir beaucoup d’efforts pour mieux s’acquitter de ses tâches domestiques. Mères de famille ou travailleuses à l’extérieur, les femmes marocaines ont l’habitude de porter, lors du mois de Ramadan, des tenues traditionnelles dont la plus grande partie est réalisée spécialement à l’occasion de ce mois béni. « J’ai pris l’habitude, encore jeune fille, d’acheter chaque Ramadan une djellaba. C’était ma propre façon de célébrer cet événement religieux de grande importance. Après mon mariage, je me suis vue hériter des habitudes de ma mère : me faire préparer des tenues traditionnelles plus pratiques pour les porter à la maison», témoigne une mère de famille.
Par rapport aux autres femmes musulmanes à travers le monde, la femme marocaine est très attachée aux anciennes traditions et coutumes toujours observées à l’occasion du Ramadan. Même si d’aucunes ne portent pas le voile le reste de l’année, elles se disent avoir pris l’habitude, durant ce mois sacré, de s’habiller avec des vêtements longs pour faire leurs courses ou se rendre dans leurs lieux de travail. Et pour plus de respect au mois de Ramadan et des traditions de son milieu environnemental, la femme marocaine se sent quasiment obligée de ne pas se maquiller en particulier pendant la journée. «Comme c’est le cas de la majorité des femmes de mon milieu familial et de mon entourage, j’ai pris l’habitude de ne pas me maquiller pendant le mois de Ramadan. J’essaie, comme l’on m’a appris depuis mon jeune âge, de ne pas attirer, au cours des heures de jeûne, l’attention des hommes à mon aspect extérieur y compris ma façon de me maquiller», confie une jeune fonctionnaire d’une quarantaine d’années. Contrairement à cette dernière, Wafae, jeune célibataire et cadre dans une agence bancaire, ne trouve pas d’inconvénient de mettre quelques touches très légères et discrètes de maquillage pendant la journée. «Je porte, comme mes collègues femmes, des habits longs et larges au travail pendant le Ramadan. Mais je ne peux pas m’en passer de quelques coups de maquillage pour corriger les effets du stress et du manque de sommeil pendant ce mois béni», dit-elle. Par ailleurs, la femme marocaine se prépare un peu tôt pour le mois de Ramadan, bien avant la mi-chaabane. Elle considère ce mois sacré comme une fête religieuse, qui dure trente jours. Et elle sait qu’il lui revient la mission de maintenir cette ambiance festive et chaleureuse dans son foyer pendant le Ramadan. Pour cela, elle se réveille tôt pour mettre de l’ordre dans chaque coin de sa maison. Elle doit préparer les repas pendant la journée à ses petits enfants. Et pour préparer les autres repas, à savoir ceux de la rupture du jeûne, le dîner et le shour, la femme passe une grande partie de son temps dans la cuisine. «La plupart des plats traditionnels préparés particulièrement au mois sacré exigent beaucoup de temps», explique Saïda, secrétaire de direction dans une société transitaire. Et d’ajouter que «je consacre une grande partie de mon temps pour préparer les chhiwat typiques du mois de Ramadan. Car mon époux et mes deux fils aiment manger les repas préparés à cette occasion par moi-même. Et je ne trouve pas les mots pour bien exprimer ma joie et mon bonheur pour le fait de me trouver, après la rupture du jeûne, parmi ma famille en train de déguster les plats que je leur fais». En plus des travaux domestiques, la femme marocaine fait de son mieux pour être toujours accueillante pour recevoir les visites de sa famille et de ses amis. Elle doit aussi trouver du temps pour rendre visite à ses proches et connaissances. «Je me sens toujours occupée à faire quelque chose. C’est vrai que les appareils électroménagers ont facilité la tâche à la femme. Mais nous nous sentons fatiguées surtout pendant les derniers jours du carême. D’ailleurs, la fatigue et le stress se lisent facilement sur notre visage», révèle Salwa, une résidante marocaine à l’étranger d’une quarantaine d’années, qui réside et travaille à Paris et en congé d’été à Tanger. Cette dernière poursuit que Ramadan constitue pour certaines femmes une occasion pour montrer leurs talents culinaires. «Je veux tester mon talent dans la préparation des chhiwat», précise-t-elle, faisant remarquer que «je dispose d’un grand carnet plein de recettes que j’ai pu collecter grâce à la radio, la télévision, des amies ou collègues de travail. Je m’en sers beaucoup pour la préparation des chhiwat de Ramadan. Surtout que je dois avoir besoin tout le long de Ramadan de gâteaux pour les servir pendant la visite des membres de ma famille et mes amis». A l’instar des hommes, la femme se voit multiplier le nombre de ses prières et la lecture du Coran. Elle essaye de trouver du temps pour aller à la mosquée, «surtout que je connais les bienfaits de la prière collective. Jusqu’à maintenant, je n’ai jamais raté la prière de Taraouih à la mosquée», témoigne une sexagénaire qui tient à faire quotidiennement la prière d’El Fajr dans la mosquée de son quartier. Malgré l’augmentation de leurs tâches domestiques pendant le Ramadan, la plupart des femmes se disent s’habituer au rythme de ce mois sacré. Elles affirment qu’elles n’en ont pas à se plaindre, car le mois du carême ne cesse de mettre en valeur leur rôle aussi bien dans la société que dans leurs foyers. Et l’on ne peut que leur en donner raison…

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