Chaouen entre ombres et lumières

Ses ruelles dégagent une sérénité et un calme propre aux villes saintes. Etroites, elles se caractérisent par ses murs chaulées, ses portes bleues. Chacune de ses portes semble avoir sa propre identité, son propre mystère, comme pour cacher l’intérieur des maisons.
Un mystère entretenu jalousement par les petites fenêtres, les petits balcons, les toits en tuiles et les patios andalous qui constituent l’autre particularité architecturale de la cité. On est encore dans l’ancienne ville, dont ces caractéristiques sont le cachet original, propre aux populations mauresques qui ont y choisi demeure après avoir été chassées d’Espagne. Ceux et celles qui auraient, et le plus souvent par pur hasard, découvert la ville auraient compris que de Chefchaouen (Chaouen pour les intimes) qu’il s’agit.
Une véritable perle dont l’éclat de blancheur jure avec les couleurs de cette région montagneuse en plein coeur de laquelle la ville est dressée, et d’où elle tire son nom, Chefchaouen n’étant autre chose que le mot berbère qui signifie «cornes» en raison des sommets du Rif qui dominent la cité.
Fondée en 1471 par Moulay Ali Ben Rachid, la cité semble, à l’image de la plus grande majorité des villes marocaines, comme scindée en deux. D’une part, la ville coloniale ( la nouvelle ville). De l’autre, la médina. Cette dernière est le coeur de la ville. Pour l’atteindre, il faut passer sous l’une des sept portes qui entourent la ville. La porte de Bab El Ayn est l’une des principales. La place Utat Al Hamam est considérée comme le miroir de la ville.
De l’autre côté, se dresse la Kasbah construite au 17ème siècle par Moulay Ismaïl pour défendre la ville des envahisseurs, notamment espagnols. Ses murs renferment un jardin et actuellement un musée.
Le musée archéologique de Chefchaouen contient une importante et qui comprend principalement les costumes et l’art populaire de la région et du nord du Maroc : broderies, coffres en bois, poterie, armes, instruments de musique…
L’héritage culturel et la situation géographique de Chaouen lui donnent une vocation touristique de choix à la ville.
La province dispose dans le domaine du tourisme de potentialités importantes et diversifiées constituées de monuments historiques, de nombreuses plages et de vastes forêts avec une faune et une flore très variées. Plus de 60.000 touristes passent chaque année quelque 80.000 nuitées, soit une moyenne de 1,45 nuit par touriste.
Les infrastructures touristiques, concentrées dans la ville de Chefchaouen, sont constituées de 4 hôtels classés, 27 autres non classés.
Le flux touristique est important, mais pourrait être mieux développé avec davantage de moyens d’équipement et la lutte contre certains phénomènes entravant l’expansion de ce secteur. Les principaux sites touristiques de la province sont constitués par la source de Ras El Maa, située à 3 km de la ville, les cascades et la mosquée de Cherafat, la forêt de Talassemtane, et la grotte de Toughoubit, sans oublier le véritable bijou qu’est la kasbah.
La vocation touristique de la province fait de l’artisanat un des principaux secteurs de l’activité économique et du développement social. De même que cet artisanat constitue au niveau de la province un patrimoine culturel et artistique dont l’authenticité, la valeur et l’originalité sont préservées d’une génération à l’autre.
Et c’est à la fois pour préserver le riche patrimoine de la ville et promouvoir son économie que plusieurs manifestations et actions sont menées. A commencer par le festival de la musique andalouse de Chefchaouen, qui a célébré cette année sa 19-ème édition. Un festival consacré à l’une des expressions artistiques les plus ancrées dans notre culture et notre histoire et qui nécessite chaque année plus d’efforts en vue de son amélioration et sa promotion. Un festival dont la particularité, cette année, est d’avoir intégré la musique flamenco et qui est doublé par un autre.
La première édition du festival «Chants et lumières» de la ville sera organisée du 15 au 17 juillet courant. Organisé avec le soutien de l’Agence pour la promotion et le développement économique et social des préfectures et provinces du Nord (APDN), cet événement musical se veut une manifestation originale, festive et ludique s’articulant autour de nombreux concerts et spectacles donnés par des groupes de musiciens nationaux et étrangers. Il s’agit également d’une réponse aux sollicitations de la société civile, des opérateurs économiques locaux, des professionnels du tourisme et des autorités de la province et de la municipalité de Chefchaouen, ces derrières étant chapeautées par un certain Mohamed Saâd Alami, ministre chargé des relations avec le Parlement, qui n’a pas manqué d’indiquer à l’occasion d’une conférence de presse, tenue la semaine dernière, que cette rencontre devrait contribuer à une meilleure connaissance des richesses culturelles de la ville et à la découverte de son patrimoine historique.
Un patrimoine qui a fait l’objet ces dernières années d’importantes réalisations. Au programme de cette manifestation figurent, entre autres, des spectacles de choeur féminin des Haddarat, de Taktoka Jabalya avec Abellatif Khomsi, de Maâlem Ghinea, de l’artiste Nouri, de fusion Taktoka-pianiste Marie Josee-Jazz Music, de Show flamenco, de Jahjouka avec Ahmed Attar, de chansons marocaines des années 60 remixées avec les chanteurs Mohamed Chawki, Meriam Belmir, Houda Chaïb, Othman El Jennane, Nouredine Amine et Ahlam. Cette rencontre, qui offrira l’opportunité aux groupes participants d’exprimer leur talent dans un cadre particulièrement propice, prévoit également des spectacles sur la petite scène notamment le show luth et violon, trio luth, violon et saxo et trio piano, luth et violon. Un rendez-vous à découvrir dans une ville qui semble, enfin, avoir pris rendez-vous avec la reconnaissance.

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