Chérif Khaznadar : «Le Moussem d’Asilah réunit les intellectuels du monde entier»

Chérif Khaznadar : «Le Moussem d’Asilah réunit les intellectuels du monde entier»

ALM : Vous avez participé pratiquement à toutes les éditions du Festival culturel international d’Asilah. Que pouvez-vous dire sur l’évolution de ce festival ?
Chérif Khaznadar : Ce Moussem est unique en son genre dans la mesure où il réussit depuis  trente ans à réunir des artistes, écrivains et intellectuels venus de tous les horizons pour débattre des différents thèmes notamment ceux qui touchent à la sociologie, l’économie, l’éducation, la culture, la politique… Il se distingue ainsi des autres festivals à vocation uniquement de divertissement par ses rencontres de réflexion programmées au cours de chaque édition.  Nous assistons, chaque année, à la création d’une nouvelle pierre qui s’ajoute à ce grand édifice dont les bases ont été lancées il y a une trentaine d’années. Ce qui lui a permis d’acquérir une certaine célébrité au niveau international. Je fréquente beaucoup de festivals à travers le monde où l’on a l’habitude de citer le Maroc comme ayant un festival exceptionnel unique en l’occurrence celui d’Asilah. Cette grande réputation est due essentiellement à son créateur le secrétaire général de la Fondation du Forum d’Asilah, Mohamed Benaïssa. lequel a su utiliser pleinement son talent, son intelligence et son charme pour réussir cet événement annuel. 

Avez- vous pu atteindre vos objectifs par la création de la maison des cultures du monde ?
Nous avons atteint notre but et c’est l’avis de tous. Lorsque  nous avons ouvert la Maison des cultures du monde il n’y avait pas d’autres institutions qui s’intéressaient aux cultures étrangères. Alors que la France compte maintenant plusieurs centaines d’institutions de même vacation. Et ce qui a donné naissance aussi à un grand nombre de musées et spectacles. Nous avons maintenant un autre but qui est celui de découvrir de nouveaux talents et à les inviter à se produire au cours des activités organisées par la Maison des cultures du monde.

Vous venez d’être élu président de l’Assemblée générale des Etats signataires de la convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel pour un mandat de deux ans. Comment vous faites pour concilier entre cette nouvelle mission et celle de la Maison des cultures du monde?
La fonction du président de l’assemblée générale des Etats signataires à la convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel  ne nécessite pas un travail au quotidien. Il s’agit en quelque sorte de la même mission que j’assume à la tête de la Maison des cultures du monde. Cela me permet d’assister à des réunions pour l’un et l’autre notamment ceux des conseils d’administrations et d’experts et des colloques. J’assiste également à des rencontres dont le but est de travailler pour que cette convention de protection et de sauvegarde du patrimoine humain et matériel devienne effective et efficace.

L’écrivain arabe trouve encore des difficultés à diffuser son œuvre au niveau international. Comment expliquez- vous cela ?
Le monde arabe souffre du manque de traduction de ses livres en langues étrangères. Il y a un grand nombre d’ouvrages en langues française, anglaise, espagnole … qui sont traduits en langue arabe. Tandis que les écrivains arabes trouvent de difficultés à se faire traduire en d’autres langues étrangères. Il faut reconnaître leur créativité à travers la traduction de leurs livres à des langues étrangères pour toucher à d’autres cultures.

Quel est le genre de soutien que vous apportez à ces écrivains et poètes arabes ?
Nous travaillons dans le domaine des arts et spectacles et le seul soutien qu’on peut les apporter c’est de les inviter à des rencontres et débats organisés par la Maison des cultures du monde. Nous avons par exemple publié il y a une dizaine d’années dans notre revue un numéro spécial consacré à la littérature libanaise. Surtout qu’on trouve  beaucoup d’ouvrages de  langues étrangères qui sont traduits en arabe tandis que peu d’écrivains arabes ont réussi à se faire traduire dans d’autres langues.
 

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