Circoncision : Le destin des mâles

Circoncision : Le destin des mâles

La ville de Fès vit au rythme des festivités de la circoncision de SAR le Prince Moulay El Hassan. La cité idrisside, connue pour l’importance qu’accordent les Fassis aux cérémonies familiales organisées à l’occasion de cet évènement déterminant dans la vie des jeunes garçons, célèbre donc depuis mercredi, les festivités de circoncision de Son Altesse Royale le Prince Héritier Moulay El Hassan. Des milliers de personnes ont gagné la capitale spirituelle pour les réjouissances dignes d’un événement national.
La circoncision est dorénavant connue pour ses vertus sanitaires et d’hygiène prouvés médicalement.
Cette pratique enracinée dans les mœurs des Marocains trouve son origine dans de nombreux Hadiths. Pour l’information, ce rite remonte très loin dans le temps. La circoncision est évoquée au 5ème siècle avant J.C par Hérodote dans son livre «Histoires» qui en attribue la paternité aux anciens Egyptiens. Pour preuve, une ancienne gravure représentant une circoncision pratiquée sur un homme debout avec un silex, a été découverte en Egypte. Par ailleurs cette pratique est partagée par les trois religions monothéistes. Pour chaque religion, elle prend évidemment une connotation différente.
Selon la tradition marocaine, l’excision du prépuce doit intervenir entre 2 et 5 ans. Cela ne constitue pas la règle. Elle peut intervenir dès les premiers jours de la naissance jusqu’à 8 ans. «Il faut circoncire l’enfant assez tôt, alors que sa verge est encore petite et pour qu’il ne s’en rappelle pas à vie. Toutefois il ne faut pas faire cette opération dans la première semaine de naissance de l’enfant. Cela correspond aux rituels judaïques», fait remarquer Hajja Rabia, une grand-mère aux nombreux petits-enfants. En règle générale, les Marocains optent de plus en plus pour des circoncisions faites en milieu hospitalier par des chirurgiens de peur de tomber dans l’irréparable. Toutefois, ces interventions demeurent coûteuses par rapport aux bourses de bon nombre de Marocains.
En effet, la facture va de 600   à 1.500 DH. Ce montant est hors de portée des familles à revenu modeste. Dans ce sens, les ruraux et les habitants des milieux populaires continuent à faire appel au fameux Hajjam. Ce personnage continue, à ce jour, à alimenter les cauchemars de pas mal de Marocains ainsi que sa colombe blanche qui va s’envoler. Une circoncision faite dans de mauvaises conditions peut avoir des dégâts physiologiques et psychologiques sur les petits garçons. «Amine a détesté à vie le henné qui lui rappelle le jour de sa circoncision», avoue Aïcha, mère de trois garçons. Loin de toute généralisation, certains barbiers réputés pour leur dextérité et leur bonne moralité continuent à circoncire dans les Douars et les petites villes marocains en récoltant, en plus d’honoraires modestes, la bénédiction et le respect. Certains d’entre eux ont même des autorisations octroyées par le ministère de l’Artisanat. La circoncision est faite en faisant voler réellement une colombe au-dessus de la tête du garçon à circoncire pour détourner son attention de l’acte du Hajjam. L’enfant est souvent placé et immobilisé sur un grand panier rempli de sable (terrabia) afin de lui éviter la vue du sang.
Tous ces égards permettent le déroulement de l’intervention dans de bonnes conditions. Quelle que soit le mode choisi pour effectuer celle-ci, la circoncision continue à être une réelle occasion de fêtes pour les Marocains. avec plus ou moins de fidélité, les rituels sont respectés de telle sorte à perpétuer la bonne tradition.

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