Comment éviter une intoxication alimentaire

Comment éviter une intoxication alimentaire

En cette période estivale, on ne peut pas se priver d’une petite coupe de glace ou d’une salade copieuse. Sauf qu’on peut les payer trop cheres. Vomissements, diarrhées, crampes abdominales, fièvre sont autant de symptômes d’une intoxication alimentaire qui apparaissent à l’issue d’un petit moment de plaisir. Plusieurs facteurs en sont à l’origine. «Les intoxications sont dues aux changements de nos habitudes alimentaires en été et au milieu de consommation», explique Dr Nabil El Ayachi, nutritionniste. En effet, le nombre de cas augmente dans la saison estivale notamment en raison «du rôle important de la température dans la prolifération des germes dans les aliments et les eaux, la consommation accrue de fruits et légumes, ainsi que par les mouvements des populations (vacances, sorties, voyages, etc.)», indique le Centre antipoison du Maroc (CAPM). En fait, le CAPM a recensé, de 1989 à 2008, 17.896 cas de maladies alimentaires, soit 22,1% de l’ensemble des cas d’intoxication colligés pendant la même période. En outre, la répartition géographique a montré que toutes les régions du Maroc ont été touchées. La plus grande incidence a été enregistrée, en 2007, dans les régions de Laâyoune- Boujdour-Sakia El Hamra (0,13% et 0,36%), de l’Oriental et de Rabat-Salé Zemmour-Zaer (0,05% et 0,09%). Quant à la répartition saisonnière a montré, selon la même source, que 34,2% des maladies alimentaires ont été observées en été suivi du printemps (25,2 %) puis de l’automne (21,5 %) et enfin l’hiver (19,1 %). Concernant l’âge moyen des intoxiqués, il était de 22,0 ± 15,5 ans. Pour leur part, les adultes représentaient 49,3 %, les enfants 25,7%, les adolescents 13,7 % et les autres tranches d’âge 11,3% . tandis que le sex ratio, il était de 1,12. Par ailleurs, les maladies alimentaires étaient isolées dans 68,0% des cas et collectives dans 32,0 % des cas. Selon la catégorie des aliments incriminés, les produits laitiers étaient à l’origine de 26,4 % des cas notifiés, le poisson et produits de la pêche de 20,3% des cas, les viandes et produits carnés de 18,2 % des cas et le reste des aliments 35,1 % des cas, selon la même source. Quant à l’évolution, elle était favorable dans 99,6 % des cas, en revanche 59 patients sont décédés, soit une létalité de 0,4%. De surcroît, l’analyse des cas de décès a montré que l’adulte était le plus touché (55,0%), avec un âge moyen de 28,7 ± 18,8 ans et un sex ratio de 5,4. Ainsi, les létalités les plus élevées ont été enregistrées dans la région de Doukkala- Abda (10 cas), Meknès-Tafilalet (10 cas) et le Grand Casablanca (8 cas). Dans ces cas de décès, les aliments incriminés dans ces cas de décès étaient les produits laitiers (22,2 % : petit lait contaminé par un hydrocarbure), fruits et légumes (22,2 %) et poisson et produits de la pêche (19,4 %). Et du point de vue fréquence, la région du Grand Casablanca occupe la première place. Ceci est lié à la surpopulation de cette région et à l’accessibilité aux structures sanitaires, ajoute la même source. Ceci étant, des mesures d’hygiène élémentaire pourraient, certes, réduire l’incidence des toxi-infections alimentaires et toutes autres contaminations. Pour ce faire, l’Organisation mondiale de la santé recommande de préparer les aliments avec des mains propres sur un plan de travail nettoyé. A cet égard, Dr El Ayachi indique que «le manque d’hygiène du personnel qui prépare les repas et l’hygiène de l’endroit de préparation peuvent causer une intoxication». Il faut également bien séparer les aliments cuits et crus, conserver la nourriture à une bonne température, bien cuire les aliments et utiliser une eau saine pour nettoyer les aliments. Pour sa part, Dr El Ayachi recommande de boire beaucoup d’eau et privilégier les fruits et légumes, d’ailleurs on peut prendre 5 ou 6 fruits par jour tout en veillant au respect des conditions d’hygiène. Et en cas d’intoxication, il faut arrêter de manger, boire de l’eau et consulter un médecin, ajoute-t-il. La vigilance doit rester de mise notamment avec l’avènement du Ramadan. Etant donné que ce mois sacré coïncide avec la saison estivale, notre nutritionniste conseille d’éviter de manger trop sucré ou salé. Comme il recommande, entre autres, d’éviter les fritures car celles-ci augmentent le cholestérol. Bref, chacun a ses petites habitudes alimentaires que ce soit en été ou en Ramadan sauf qu’il ne faut pas trop abuser !


Classification des maladies d’origine alimentaire

La définition internationale des maladies d’origine alimentaire permet de les classer en maladies d’origine infectieuse et maladies d’origine toxique (intoxication alimentaire). Ainsi, une toxi-infection alimentaire est une maladie souvent infectieuse et accidentelle, contractée suite à l’ingestion de nourriture ou de boisson contaminées par des agents pathogènes qu’il s’agisse de bactéries, de virus, de parasites ou de prions. L’attaque microbienne peut être liée aux propriétés invasives du microorganisme et/ou aux produits toxiques qu’il est capable d’élaborer au cours de sa croissance. Alors qu’on parle d’intoxication alimentaire seulement pour les maladies d’origine alimentaire provoquées par l’ingestion de produits non comestibles ou toxiques (médicaments vétérinaires, métaux lourds, champignons vénéneux, produits chimiques). Ces toxiques peuvent être d’origine biologique ou chimique.

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