Convivialité à la péruvienne

Convivialité à la péruvienne

C’est d’un accent espagnol, vêtue avec sobriété, qu’Adelaida De Abarca, l’ambassadrice du Pérou souhaite la bienvenue dans sa résidence à Rabat. Dès les premiers pas engagés à l’intérieur de cette habitation, on ressent une certaine chaleur. Une chaleur, transmise par cette dame aux traits de visage asiatiques. Des yeux rieurs, un sourire généreux. Le look de madame l’ambassadrice renseigne sur sa personnalité. Des traits de caractère propre aux habitants du Pérou dont la tradition prend ses racines dans la culture mayas et aztèques. De cette civilisation séculaire, Adelaida parle avec fierté «La culture péruvienne est très riche, elle subit l’influence de plusieurs métissages » et d’ajouter «il y a plusieurs dialectes au Pérou». Parmi ces langages «Le ketchuan». Un dialecte qu’Adelaida aurait aimé pratiquer. «Moi et mon mari, nous comprenons un peu le ketchuan, mais malheureusement, on n’arrive pas à s’exprimer avec ce dialecte». L’ambassadrice parle donc la langue  espagnole. À leur arrivée, parmi les membres de l’équipage, il y avait des Marocains. Un élèment qui peut paraître saugrenu, voire même bizarre, mais Adelaida le confirme. «Les espagnols ont amené des Marocains avec eux», évoque-t-elle. C’est ce qui justifierait entre autres, selon elle, les différents points en commun qui existent entre le Maroc et le Pérou. «Lorsque nous sommes arrivés au Maroc, il y a de cela trois ans, et que nous avons eu l’occasion de découvrir le pays, nous avons vite senti qu’il y avait plusieurs similitudes entre les deux peuples», explique-t-elle. Similitude d’abord sur le plan culinaire. «La gastronomie péruvienne ressemble beaucoup à celle du Maroc, nous aussi, nous avons des tagines ». La cuisine péruvienne se ressemble aussi à la gastronomie marocaine. L’ambassadrice du Pérou sait de quoi elle parle. Pendant tout son séjour au Maroc, elle a pu gouter à tous les plats et a déjà une préférence. «La pastilla est un véritable délice, je n’ai jamais mangé un plat aussi exquis». Ainsi en ayant fait le tour des plats qui représentent la gastronomie marocaine, elle déclare haut et fort que cette cuisine est très proche de celle de son pays. «Nous ne trouvons pas de difficulté à préparer notre nourriture ici au Maroc, tout ce dont on a besoin existe sur place», explique Adelaida.
 Cette dernière n’hésite pas à montrer son bonheur quant à la qualité des ingrédients. «Que ce soit le mouton, le poulet ou le poisson, c’est de l’excellente qualité», ajoute Adelaida qui ne peut s’empêcher de dévoiler sa joie. « Nous sommes très contents d’être ici, les gens sont hospitaliers et très gentils ». Tous ces éléments font que la famille Abarca ne ressent pas de nostalgie. « Ici on a l’impression que nous sommes chez nous, les liens sont très proches entre nos deux peuples ». Lorsqu’elle évoque la cuisine péruvienne, Adelaida déclare que le plat typique au Pérou est le « seviche ». Ce nom évoque du poisson cru mariné au jus de citron et qui représente la cuisine de la partie côtière du Pérou. «La légende raconte que ce sont les Incas qui transportaient le poisson de la mer aux sommets des montagnes, ils faisaient en sorte de s’approvisionner toujours en poisson frais». C’est ainsi que le poisson est devenu un aliment de base dans la cuisine péruvienne aux côtés du riz.
Mis à part la cuisine, des similitudes existent aussi entre l’artisanat péruvien et marocain. Les tissages péruviens ressemblent, en effet, dans leur forme et leurs couleurs à certains tapis berbères. Des tapis qui ont séduit l’ambassadrice. «J’ai choisi ces tapis en particulier car ils me rappellent énormément l’artisanat de mon pays». Un artisanat diversifié. «Nos artisans sont connu, pour leur maîtrise des techniques du bois, du cuir et surtout de l’argenterie», raconte Adelaida. Dans sa résidence, l’ambassadrice possède quelques spécimens d’objets d’artisanat marocains et d’autres péruviens. A les regarder on aurait presque du mal à discerner quels sont les objets marocains et quels sont ceux qui proviennent du pérou. Cette vérité provoque encore plus d’excitation chez l’ambassadrice. Sourire aux lèvres elle acquiesce et ce n’est pas pour lui en déplaire. Adelaida parle du Maroc avec une fierté sans pareil. «Dès le moment que nous avons mis les pieds ici nous nous sommes sentis très à l’aise». Cette ambassadrice raconte qu’elle a fait le tour du Maroc et qu’elle a profité de tous les beaux paysages. Son dernier voyage en date est celui qu’elle a effectué à Essaouira dans le cadre d’une excursion organisée par le ministère des Affaires étrangères et à laquelle ont participé plusieurs missions diplomatiques. Des évènements qui viennent animer la vie de l’ambassadrice. Pendant ce mois de Ramadan, elle essaie de s’adapter et essaye même de jeûner de temps en temps. «Au départ lorsqu’on est venus  c’était nouveau pour nous étant donné que c’est la première fois qu’on se rend dans un pays musulman, mais maintenant ça ne nous dérange pas». Ramadan ou pas «On est installé très confortablement au Maroc et on se sent bien ici», conclut l’ambassadrice. Une manière de  renforcer davantage les liens qui existent entre les deux pays. Elle y croit dur comme fer.

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