Daoud Oulad Syad : «J’achète mes vêtements au marché aux puces»


ALM : Vous avez un doctorat en sciences physiques, qu’est-ce qui vous a ramené au cinéma?
Daoud Oulad Syad : Ce sont le hasard, la chance et la curiosité qui m’ont fait découvrir.

C’est que le cinéma rapporte ?
En fait, moi j’ attends toujours de recevoir de l’argent, cela arrive normalement à la fin, ou lorsqu’on n’est plus là.
 
Et votre look ?
C’est un style naturel. Je ne fais rien pour le cultiver. C’est le look de la paresse, je ne me coiffe pas, je ne vais jamais chez le tailleur. J’achète mes vêtements au marché aux puces. On me prend souvent  pour un rasta. Chose que je ne suis pas. D’ailleurs, je ne suis pas trop reggae, je suis plutôt branché gnaoua et jazz.

Que signifie Oulad Syad, fils du seigneur ou fils du chasseur ?
J’avoue que je n’ai jamais compris le véritable sens de mon nom. A la période du protectorat, celui qui a traduit mon nom en français l’a écrit en négligeant la grande différence qui existe entre être le descendant des chorfa et le descendant des chasseurs. Moi, je penche pour la première explication.     
 
Est-ce que cela a eu un impact sur votre parcours ?
Pas du tout. Par contre, mon prénom m’a toujours plu. Daoud c’est l’équivalent de David.
 
On dit que vous êtes un vrai rigolo. Est-ce qu’il vous arrive d’être sérieux ?
Oui, je suis une personne très sérieuse dans mon travail, je suis même très cartésien. Mais bien sûr cela ne m’empêche pas d’être souriant et optimiste dans la vie. Le monde est déjà trop compliqué. Il faut savourer le temps et sentir la joie des petits moments fragiles. Ma jovialité vient surtout de mes racines marrakchies. C’est ce qui explique aussi pourquoi  j’essaie de rester rigolo et modeste.
 
Votre héros attend Pasolini, et vous ? Vous attendez qui, quoi?
Moi, je souhaite garder ma santé le plus longtemps possible.
 
Vous allez bien ?
Grâce à Dieu , je vais bien. Mais vous savez, de temps en temps, on a quelques petits soucis de santé et avec l’âge, ils deviennent de plus en plus fréquents. Je ne suis plus si jeune.
 
Et la montagne ?
Ah, j’aime beaucoup la montagne et la mer. Ce sont des dons majestueux de Dieu. C’est ce qu’on a de plus beau au Maroc. Mais ce qui m’inquiète, c’est le fait que ces espaces risquent de se dégrader si on ne fait pas trop attention. D’ailleurs, je remarque que le souci écologique et environnemental n’est pas assez développé au Maroc. Alors que c’est ce dont l’on a besoin pour préserver la beauté de notre pays, et pour un meilleur futur de nos enfants.
 
Alors vous êtes un écolo ?
Oui, je fais de l’écologie indirectement. Dans tous mes films, vous verrez un paysage, un endroit menacé de disparition et que j’essaie d’immortaliser. D’ailleurs, c’est ce qui fait la forme de la plupart de mes films. Je n’aime pas trop le modernisme.

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