Driss El Maloumi : L’homme qui fait parler le luth

Driss El Maloumi : L’homme qui fait parler le luth

Mardi 19 mai au centre culturel des œuvres sociales de Las Palmas, Driss El Maloumi dialogue avec son luth. Aux côtés du percussionniste Houcine Bakir, il invite les spectateurs à un voyage musical digne des mille et une nuits. Ce thème est d’ailleurs l’un des univers de prédilection de ce luthiste né en 1970 à Agadir.
Après avoir décroché sa licence en littérature arabe à l’université Ibn Zohr d’ Agadir, Driss El Maloumi se rend au conservatoire de musique de Rabat pour achever une formation entamée dans sa ville natale. Une fois qu’il a bien maîtrisé les cordes de son luth, il se lance dans une recherche musicale en explorant plusieurs styles et plus particulièrement le Jazz. Sa carrière internationale démarre avec le projet «Caravane de lune» dirigé par Gérard Kurdjian. «Il s’agit d’un spectacle qui fusionne les contes avec les sonorités du luth et la musique indienne
C’est un projet qui a été présenté à partir de 1999 dans plusieurs coins du globe.
La même année, il se produira lors de l’événement «Le temps du Maroc» et il va rencontrer le jazzman français Alban Darche. De cette rencontre naîtra le projet «Tawada» en 2000 qui sera édité par la suite sous forme d’album. «Cette création leur a valu la note 4 étoiles de la part d’une revue française spécialisée dans la musique Jazz» explique son manager Brahim El Mazned. Tawada ouvre plusieurs portes à Driss El Maloumi. La même année de la sortie de ce premier opus, le célèbre musicien et chef de chœur Jordi Savall va le découvrir et lui propose de rejoindre son ensemble «Hesperion XXI». «Driss Maloumi va intègrer ce chœur de la musique ancienne et l’accompagne à chaque récital», ajoute Brahim El Mazned qui détient son agenda de concerts. L’aventure au sein d’Hesperion XXI lui fera traverser plusieurs pays et le mènera jusqu’au Brésil et en Argentine.
Ces voyages constituent également une source d’enrichissement et d’évolution dans la carrière de ce luthiste. C’est ainsi que naissent des métissages entre sa musique et les musiques du monde. «J’ai toujours veillé à préserver le patrimoine musical qui m’a été transmis tout en s’ouvrant sur d’autres cultures», confie Driss El Maloumi a ALM. Mais ce qui est le plus important pour ce virtuose c’est la capacité de maîtriser la musique de son patrimoine avant de se lancer dans la découverte et dans une démarche de fusion. «Je considère toujours qu’il faut allier technique du jeu et idée musicale», aime-t-il à le souligner. Driss El Maloumi témoigne également sa soif de l’improvisation. Et si le Jazz est connu pour être la musique de l’improvisation par excellence, la musique arabe n’est, selon lui pas excluse «Le Jazz ne détient pas le monopole du Jazz puisque le Taqssim ou ce qu’on appelle les préludes par exemple est aussi un terrain de l’improvisation», rectifie Driss El Maloumi.
Ce dernier est connu comme étant une personne exigeante. A l’écoute de ce terme, il laisse éclater un rire en avouant que plusieurs personnes lui ont déjà fait la remarque. «Je pense tout simplement qu’il faut respecter le spectateur en lui offrant un spectacle de qualité de façon à pouvoir le fidéliser», explique Driss El Maloumi. Ce dernier dit ne pas lésiner sur la durée des sons et sur les conditions techniques qui doivent être irréprochables. Après son retour de Las Palmas, Driss El Maloumi s’est rendu à Bamako au Mali pour présenter le spectacle 3MA. Il s’agit d’une création avec Driss Maloumi au luth, Mbalake Cissoko à la Cora et Ratzer au vali, une sorte de harpe malgache.

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