Elections sur fond de tension

Elections sur fond de tension

Les élections visant à trouver un successeur à la présidence de l’Autorité palestinienne auront lieu le 9 janvier 2005. C’est ce qu’ont annoncé, dimanche, les dirigeants palestiniens. La loi fondamentale palestinienne prévoit en effet que des élections soient organisées dans les 60 jours suivant le décès d’Arafat.
Le scrutin, dont la date a été annoncée par l’actuel président intérimaire de l’Autorité palestinienne, Raouhi Fattouh, est un test-clé pour les Palestiniens. Si le nombre des candidats n’a pas encore été fixé, des noms commencent d’ores et déjà à faire parler d’eux. A commencer par Mahmoud Abbas, successeur désigné de Yasser Arafat à la tête de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP). Abou Mazen, de son nom de guerre, devrait présenter sa candidature aux présidentielles. Selon un proche de Marouane Barghouti, l’ancien responsable du Fatah en Cisjordanie et chef de sa milice emprisonné à vie en Israël, envisage également de se porter candidat à la succession du « Vieux ». Barghouti est très populaire auprès des Palestiniens, y compris dans les rangs du parti de feu Arafat. Il fut aussi, avant de prôner le recours à la force contre l’occupation lors de la deuxième Intifada, proche des pacifistes israéliens.
Plusieurs ministres israéliens se sont prononcés dimanche contre la possibilité de voir Marwan Barghouthi être candidat aux prochaines présidentielle. De sa cellule, Barghouthi a appelé jeudi les Palestiniens à poursuivre la lutte. Des nomes auxquels d’autres ne manqueraient pas de s’ajouter. Le Mouvement de la résistance islamique (Hamas) a annoncé qu’il se réunirait bientôt pour réfléchir à un candidat. « Le Hamas considère que les élections sont l’un des éléments-clés du processus démocratique, et nous examinons la question sérieusement », a déclaré à l’AFP un haut responsable du mouvement, sous couvert d’anonymat. Mohamed Dahlan, âgé de 43 ans et appartenant à la jeune garde qui prône la réforme des services de sécurité et la lutte contre la corruption, sera également un homme avec lequel il faudra compter. Beaucoup voient en lui un acteur incontournable de la transition.
Les candidats aux présidentielles pourront s’inscrire à compter du 20 novembre, et disposeront de 12 jours pour le faire. La campagne électorale proprement dite se déroulera du 27 décembre au 8 janvier, a précisé Raouhi Fattouh.
Mais deux questions épineuses se sont aussitôt posées : la première concerne l’ambiance dans laquelle vont se dérouler ces élections, une ambiance marquée par une étouffante occupation israélienne qui menace à la fois la sécurité des votants que ce soit à Gaza ou en Cisjordanie. La deuxième a trait à la participation, toujours, incertaine de la population palestinienne de Jérusalem-Est. Si pour le Premier ministre israélien Ariel Sharon la possibilité d’autoriser les Palestiniens de Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël en 1967, de prendre part aux élections n’est pas exclue, sachant que les Palestiniens de cette région avaient pris part aux élections palestiniennes de 1996, d’autres hauts responsables, dont le chef de la diplomatie, Silvan Shalom, se sont déclarés hostiles à une telle participation. Pour le Premier ministre palestinien, Ahmed Qoreï, les Arabes de Jérusalem-Est doivent pouvoir voter au même titre que les autres Palestiniens. « Jérusalem fait partie de la Palestine occupée et ils font partie du peuple palestinien », a-t-il dit. Les responsables israéliens se sont toujours opposés au vote des 228.000 Palestiniens de Jérusalem-Est, estimant que cela affaiblirait les droits d’Israël sur cette partie de la ville sainte. Il y a plusieurs mois, la police israélienne avait même lancé une opération contre les bureaux électoraux de la ville, empêchant les gens de s’inscrire sur les listes électorales.
Un exemple d’oppression qui pose une question de fond, celui de la capacité des Palestiniens à instaurer une démocratie dans des territoires arabes qui font l’objet d’une oppression et de violations de la part de l’armée israélienne.
« On ne peut pas avoir des élections libres, lorsque les citoyens ne le sont pas », a estimé lundi la déléguée générale de la Palestine en France Leïla Chahid, rappelant que tous les territoires palestiniens étaient réoccupés depuis l’arrivée d’Ariel Sharon à la tête du gouvernement israélien.

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