États-Unis : un meurtrier se dit victime de discrimination religieuse

Davis, 27 ans, a été condamné à la peine de mort le 23 juin 2002 pour avoir tué Melissa Medina dans le comté d’El Paso, au Texas. Ses avocats ont fait valoir que la peine de mort doit être levée puisque le jury n’aurait jamais dû être mis au courant de son allégeance à la « religion » satanique. La poursuite disait de son côté que l’adhésion de Davis à l’« Église » de Satan est un élément de preuve important qui démontrait que l’homme est toujours un danger pour la société. La poursuite a montré au jury des dessins de Davis montrant des symboles sataniques, un tatouage en forme de pentagramme sur son torse, son exemplaire de la « Bible satanique » et un formulaire de plainte où il déplorait que le pénitencier lui refuse l’accès à une robe noire, à des chandelles et à des fioles de sang. Le juge Lawrence Meyers s’est demandé si le satanisme est une religion si l’on considère que la religion consiste à vouer un culte à une puissance supérieure. Mais «Satan n’est pas tout puissant», a expliqué le juge Meyers. Un autre magistrat au dossier s’est même permis de ridiculiser la requête de la défense. «S’il vous plaît, soyons sérieux, l’église de Satan? C’est une blague, a raillé le juge Michael Keasler. (…) Comment le satanisme peut être une bonne chose dans la mesure où selon la doctrine chrétienne, Satan représente la quintessence du mal. Si votre client choisit d’adhérer à ce mouvement, ça me paraît assez révélateur». L’avocat de la défense, Ruben Morales, prétend que les juges et la poursuite ont criminalisé les croyances de Davis le privant de son droit à la liberté de religion. «La volonté de la poursuite de présenter Davis sous un mauvais jour n’est rien d’autre qu’une chasse aux sorcières, a estimé l’avocat. C’est le risque encouru par notre société quand nous tentons de séparer les bonnes des mauvaises religions». La poursuite a affirmé que l’argument de la défense ne tenait pas la route si la religion en question permet le meurtre et d’autres actes illégaux. La justice n’a toujours pas pris de décision quant à la suspension de la peine de mort.

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