Faiz Ali Faiz porté par l’élan du public souiri

Faiz Ali Faiz porté par l’élan du public souiri

La rencontre entre le Maâlem Mohamed Kouyou et le Georgien national ballet Sukhishvilli a ouvert le bal jeudi 24 juin du 13ème Festival gnaoua d’Essaouira (du 24 au 27 juin). «Les gens avaient l’impression de voir danser des anges. C’est fantastique, selon les échos de tous», a déclaré à ALM Karim Ziad directeur artistique du festival qui a pris cette année le risque de faire fusionner des danseurs classiques qui ont une transmission écrite et académique de l’art (les danseurs géorgiens) avec des danses et une musique africaines à transmission orale (gnaoua). «C’est ça qu’on cherche à faire pour les prochaines années, fusionner au même titre que la musique, les danses», a-t-il expliqué. Et outre la danse et le gnaoui, le festival s’est ouvert cette année sur d’autres musiques notamment en invitant l’artiste jazz (spirituel) d’origine tunisienne Youssef Dafer (samedi 26 juin) ou le guitariste français de culture méditerranéenne Titi Robin en collaboration avec le soufi pakistanais Faiz Ali Faiz qui est à son 6ème concert au Maroc et premier à Essaouira. Ce dernier a été porté par l’élan du public souiri, ce vendredi 25 juin à la scène Moulay Hassan. Ce concert n’est pas à proprement dit une fusion, dans la mesure où, selon Titi Robin, il s’agit d’un répertoire original, un spectacle bien élaboré, enregistré en CD et en tournée dans le monde depuis près de deux ans. «On n’a pas voulu faire de la fusion (spontanée) et nous baser sur des standards ou un répertoire déjà existant. On a voulu commencer à zéro. Moi j’ai ramené des mélodies et Faiz Ali Faiz a marié des poésies, ensuite on a fait répéter nos musiciens comme un seul orchestre». Ce concert s’est conclu par un hommage au Prophète en fusion avec les Aïssaous de Fès, des habitués du festival au même titre que les Hmadchas. «On s’écoutant l’un l’autre, les musiciens peuvent trouver des terrains d’entente et travailler ensemble. Et puis, que ce soit en hordou ou en arabe, nous chantons tous deux des louanges du Prophète», a souligné pour sa part Faiz Ali Faiz. Des shows dans la pure tradition gnaouie ont également enchanté le public. A ce titre, on cite des concerts marqués par le charisme et la carrure du Maâlem Guinéa ou entre autre le groove ancestrale du Maâlem Merchane. La fusion (vendredi 25juin) de ce dernier avec l’ensemble marocain dirigé par le violoniste marocain Amir Amir rappelle la spontanéité des premiers concerts du festival, lorsque tout était permis à des jazzmans étrangers exposant leurs virtuosités ou en quête de profondeur dans l’univers gnaoui. On note aussi la programmation de plusieurs résidences d’artistes: Maalem Bakbou avec Step Afrika, Maalem Alikan et Amazigh Kateb. Aussi, pour le grand plaisir du peuple, grands et petits, les journées du festival ont aussi été ponctuées par des spectacles de fantasia, un art de la cavalerie exquis et ancré dans le patrimoine marocain. Et c’est au gré du vent de la ville des alizés que flâne de scène en scène le public. Passant de 20.000 spectateurs à ses débuts, à 450.000 spectateurs durant les dernières éditions, cet événement confirme encore une fois cette année son statut de messe spirituelle populaire ouverte au monde et à ses musiques. On conclu, avec un témoignage du regretté mâalem Hmida Boussou : «La musique gnaoua était en train de s’éteindre, les lilas ils y en avaient de moins en moins, heureusement que le festival a existé et nous a sauvés».

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