Festival Gnaoua d’Essaouira : Clôture en apothéose

Festival Gnaoua d’Essaouira : Clôture en apothéose

Le festival Gnaoua d’Essaouira vient de souffler sa dixième bougie. Dix ans d’existence et de persévérance pour les organisateurs et dix ans de musique, de danse et de partage pour les passionnés. Pour les uns comme pour les autres le constat ne peut qu’être favorable. Tout au long des cinq jours, la musique a régné seule, musique de mélomanes qui ont hérité le savoir-faire de leurs pères et grands-pères ou moins jeunes ayant aimé la musique d’antan et d’aujourd’hui.
Près de 10.000 mille personnes sont venues assister à cette manifestation le jour de l’inauguration le mercredi 20 juin suivant le rituel de l’emplacement qui n’est autre que la scène de Moulay Hassan. Offrant aux spectateurs un voyage de sens avec la musique de mélomanes  tels que Mohamed Kouyou, Abdesslam Alikane ou Abdelkébir Merchane tout en poursuivant le spectacle au marché aux grains avec le Maâlem Abdellah El Gadari et le Mâalem Saïd  El Bourqui à la place El Kheima.
Cependant, la lila animée par le grand artiste gnaoui Abdellah Guinea a été l’un des moments forts de cette soirée. Le talent et l’originalité incontestable de ce Maâlem a fait vibrer l’âme du public venant apprécier les rythmes de sa musique. Ce génie de la musique gnaouie a été initié à l’amour de «Tagnaouite» à l’âge de 12 ans. Son talent qui s’est manifesté dès son jeune âge lui a donné le titre de Mâalem à l’âge de16 ans. Essaouira, ville au charme doux, a  accueilli des gens  venant de part et d’autres, jeunes et âgés, animés par la même passion, l’amour de la musique. Style décontracté, en haïk ou en  tout autre style, les festivaliers ont fait un avec les habitants de Mogador, appréciant leurs simplicité et convivialité.
Néanmoins au fil des cinq jours d’organisation, les festivaliers  ont eu l’occasion d’apprécier le savoir-faire et le talent  musical  d’autres figures emblématiques aux niveaux national et international. Cette coexistence entre les grands ténors de la musique gnaouie et les jeunes musiciens a été une réelle invitation à un échange fructueux où s’effacent les limites du temps et des générations. Avec le même esprit de fête et d’engouement, les festivaliers ont été au rendez-vous avec le spectacle donné le vendredi à la place de Bab Marrakech par le célèbre groupe marocain  «Hoba Hoba Spirit». Ce groupe qui a rencontré le public en 2003 à Essaouira est aujourd’hui le leader sur la scène marocaine. Notamment dans plusieurs festivals  aux niveaux national et international.
Les festivaliers ont ainsi apprécié en direct le nouvel album de ce groupe intitulé «Trabando». Fidèle à son engagement, le festival d’Essaouira a été un terrain d’émergence de plusieurs talents en leur donnant l’opportunité de se produire sur les grandes scènes d’Essaouira en fin d’après –midi. Autre particularité de cette dixième édition, un hommage a été rendu au grand Mâalem H’mida Boussou, décédé en février 2007 à l’âge de 68 ans. Ce grand Mâalem originaire de Marrakech a été l’un des premiers mâalem à avoir animé en France des lilas traditionnelles   dans le cadre des recherches de nombreux anthropologues.
Le fils de H’mida Boussou  qui est lui-même musicien et joueur de guembri a été au rendez-vous pour célébrer cet hommage en se produisant avec le groupe de son défunt père. Le festival Gnaoua d’Essaouira a pris fin, une nouvelle réussite des organisateurs et un nouveau moment de partage et de détente pour les festivaliers.

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