Figuig : A la découverte des Ksours magiques

Figuig : A la découverte des Ksours magiques

En ces temps où la destination saharienne avec ses dunes et ses oasis est de plus en plus convoitée, Figuig émerge comme ville incontournable aux multiples particularités dont elle jouit. Figuig, à la palmeraie féérique et aux habitations paradisiaques, est l’oasis la plus proche de l’Europe.
Présenter Figuig, c’est évoquer la magie ensorcelante de ses Ksours. Le principal étant le célèbre Zenaga qui abrite la moitié des habitants de la ville. Les autres sont Loudaghir, El Maïz, Oulad Slimane, El Hammam Tahtani, El Hammam Fouqani et Laâbidate. Ces Ksours forment un ensemble homogène offrant un circuit captivant. L’élément fascinant est sans aucun doute le dattier et son système unique d’irrigation. C’est grâce à cette palmeraie que Figuig reste verdoyante alors qu’elle se trouve en plein milieu du désert. Une palmeraie s’étendant sur une superficie de 600 hectares avec plus d’une centaine de milliers de dattiers, lui confère jalousement le titre de la belle oasis du Sahara africain.
La construction de ses maisons obéit à une parfaite symbiose de lumière et d’ombre à tel point que plusieurs architectes et artistes parlent de troisième dimension pour ce qui est de son éclairage. Les ruelles sont agencées de façon à réduire la violence du vent, garder la fraîcheur des espaces clos et les rendre plus accueillants. Les matériaux de constructions sont essentiellement naturels et constitués en briques d’argile cuites au soleil à partir de chaux, de cendre, de terre mais aussi de bois de palmier. Les pierres sont utilisées  comme fondement  à la base des murs pour les protéger  des eaux souterraines. Les plafonds sont constitués d’ensouples à base de troncs de palmiers et des palmes ou tiges de lauriers-roses. 
L’oasis de Figuig  est aussi célèbre en tant que carrefour des ouléma et disciples en théologie et en sciences humaines.  Ses multiples écoles ont perpétué les sciences et les connaissances. Cela a duré  jusqu’à la fin du douzième siècle de l’Hégire. Parmi ces lieux de savoir, on cite la notoire mosquée construite au cinquième siècle de l’Hégire par Elouadghiri Ben Ali.
Juste à côté de ce lieu de culte fut édifié le célèbre minaret octogonal pierreux qui témoigne du génie créatif de ses concepteurs. Pour les spécialistes, qui ont étudié ce monument, ce dernier a une base carrée de 4.50 m de côté qui devient octogonale à partir de la hauteur de 5.20 m par l’adjonction de nouvelles faces de deux mètres. La hauteur totale du minaret est estimée à  19 mètres son mur extérieur est constitué  de plaques calcaires de 15 centimètres alternant avec des couches de 5 cm d’argile jaune ce qui donne à l’ensemble de l’architecture l’aspect d’une construction en pierres. Le nombre de plaques ayant servi à la construction du minaret est évalué à 13.000 pièces.
Figuig a, de tout temps, joué un rôle prépondérant dans l’expansion de la culture amazighe et arabe. Sa bibliothèque a contenu des manuscrits convoités par plusieurs orientalistes ou chercheurs érudits. Plusieurs documents de référence ont été pillés et se trouvent éparpillés dans plusieurs musées en Afrique et en Europe dont le célèbre musée de Berlin. Le reste est jalousement gardé soit par des particuliers ou dans des musées nationaux. Son système d’irrigation est tellement parfait et réfléchi qu’il est devenu exemple de la bonne gestion de l’irrigation à la parcelle. Le concept d’hydro solidarité visant une meilleure distribution des ressources en eau souterraine  a pris forme à Figuig.

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