France : début du procès des tortionnaires d’un homme mort

Le 22 mai 2006, les policiers de Saint-Cannat, un village situé à quelques kilomètres d’Aix-en-Provence, avaient découvert le corps de William Modolo, atrocement mutilé, violé à plusieurs reprises, battu à coups de pierres et brûlé en plusieurs endroits. Le supplice aura duré plusieurs jours, avant que la victime ne succombe à ses blessures et ne soit abandonnée dans un sous-bois. William, qui mesurait 1,75m et pesait près de 150 kilos, était un jeune homme complexé, esseulé, réputé naïf, en quête d’affection et d’amitié, qui vivait de petits boulots. Pour des prétextes futiles, le vol d’un saucisson et la dégradation d’un groupe électrogène, ses bourreaux avaient décidé d’en faire leur souffre-douleur. Ils avaient voté sa mort à l’unanimité avec pour prétexte que «si les bleus, ça disparaît, les dents, ça ne repousse pas». Parmi les multiples tortures qui lui avaient été imposées, ses agresseurs lui avaient arraché douze dents avec une pince, ainsi que le révélera l’autopsie. Ses six tortionnaires -quatre hommes de 26 à 54 ans et deux femmes âgées d’une vingtaine d’années- répondront d’«assassinat, complicité d’assassinat et viol en réunion». L’une des jeunes femmes s’était présentée spontanément chez les gendarmes après le crime pour raconter ce dont elle avait été témoin. «C’est un crime qui ne relève pas de l’humain. On est dans l’abjection la plus totale. Ils avaient chosifié leur victime», dénonce Me Jean-Claude Valéra, l’un des avocats de la famille de la victime, qui entend restituer à l’audience la mémoire du jeune homme. Pour Me Dominique Mattei, le bâtonnier des avocats de Marseille et l’un des défenseurs des accusés, «la violence est allée crescendo et l’effet de groupe n’y est pas étranger».
«Le pire, c’était que William se sentait en confiance: ces gens-là, c’étaient ses amis», raconte un des enquêteurs. À la barbarie s’ajoute dans ce dossier la trahison. Ce soir de mai, le jeune garçon avait rejoint en toute confiance ceux qui allaient, selon l’accusation, lui faire vivre avec acharnement un supplice de plusieurs jours et qu’il avait rencontrés deux mois plus tôt.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *