France : un cannibale mange le poumon de son co-détenu

Mis en examen pour «homicide volontaire» et «actes de barbarie», l’accusé, déclaré «partiellement responsable de ses actes» par les experts, encourt la réclusion criminelle à perpétuité. En détention préventive pour tentative de viol avec arme, Cocaign aurait, dans la nuit du 2 au 3 janvier 2007, roué de coups, étranglé, tué puis mangé un morceau de poumon de son co-détenu, Thierry Baudry, 31 ans. Nicolas Cocaign, défendu par Me Fabien Picchiottino, avait reconnu les faits lors de sa garde à vue, avouant aux policiers avoir «mangé son cœur pour lui prendre son âme». L’autopsie du corps de la victime avait en fait révélé qu’il s’agissait de muscles et d’un morceau de poumon. Le 3 janvier vers 7h, c’est un surveillant qui, entrant dans une cellule occupée par Nicolas Cocaign, David Lagrue et Thierry Baudry, avait découvert le corps sans vie de ce dernier avec une plaie béante d’une dizaine de centimètres à hauteur du cœur, une plaie dissimulée sous un gant. Immédiatement, Nicolas Cocaign s’était dénoncé. Un temps soupçonné de complicité, David Lagrue avait finalement été blanchi deux ans après les faits. Mais ce dernier, considéré comme un témoin capital, ne sera pas présent au procès. Il s’est donné la mort dans sa cellule de la prison d’Evreux (Eure) en novembre 2009. Nicolas Cocaign, qui avait été abandonné par sa mère puis adopté dès l’âge de trois ans, avait eu une enfance turbulente avant de plonger dans la délinquance au sortir de l’adolescence. Père de deux petites filles, il avait été hospitalisé d’office par trois fois entre 1997 et 2005 pour avoir imposé à la mère de ses enfants des relations sado-masochistes. Condamné puis écroué en 2006 pour une affaire de tentative de viol avec arme, auteur d’un braquage d’un bureau de Poste, il avait plusieurs fois demandé son internement. «Mais l’administration pénitentiaire et la justice ne l’ont pas entendu», selon son avocat pour qui «on n’en serait peut-être pas là aujourd’hui».

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