Gaza, symbole de la lutte d’un peuple

Gaza, symbole de la lutte d’un peuple

S’il y a une ville palestinienne qui symbolise la lutte du peuple palestinien, c’est bien Gaza. Jeudi dernier, le jour de la disparition de Yasser Arafat, une femme a donné naissance à Gaza à deux garçons jumeaux. Elle leur a choisi comme noms : Yasser et Arafat, à la mémoire du dirigeant palestinien, symbole de la lutte de son peuple pendant plus de quatre décennies.
Gaza, c’est toute une histoire. D’abord, c’est là où a eu lieu et la première (1987) et la deuxième (2000) Intifada. C’est là aussi où Yasser Arafat a fait son retour triomphal après plusieurs années d’exil et qui l’on conduit jusqu’en Tunisie. Fief des mouvements de la résistance palestinienne, Gaza est connue par son université islamique. Surnommée « école des cadres », cette université, comme son nom l’indique, forme des cadres du Hamas, principal mouvement islamiste palestinien, dont les deux leaders, Cheikh Yassine et Abdelaziz Rantissi, ont été liquidés par l’armée israélienne. Ville rebelle, la bande de Gaza est, aujourd’hui, un immense camp de concentration, assiégé de tous les côtés. Environ 1,2 million de Palestiniens y vivent. Une des densités les plus élevées au monde. Gaza, qui compte un des taux d’alphabétisation les plus élevés de la région, est aussi le terrain d’une guerre démographique entre Palestiniens et Israéliens. Environ 600 000 Israéliens vivent au sein d’une population palestinienne, dont le taux de natalité augmente de 4% par an. Aujourd’hui, et selon les dernières statistiques, la population de Gaza est, dans sa majorité (49 %), composée des jeunes de moins de 14 ans. Les adultes, eux, représentent 48,3 %. Trois-quart des Palestiniens qui vivent à Gaza sont des réfugiés ou des enfants de réfugiés de 1948, expulsés par Israël. Environ 400 000 réfugiés vivent dans les camps de l’ONU. À Gaza, Israël contrôle 42 % de la superficie. Avant le début de l’Intifada d’Al-Aqsa en septembre 2000, l’économie de Gaza était estimée à environ 1 milliard de dollars.
Le secteur des services constitue le principal moteur de l’économie palestinienne. Selon les Nations unies, pendant le dernier trimestre de l’an 2000, l’économie palestinienne a chuté de près de 50 %, en raison de certaines mesures restrictives se rapportant à la circulation, imposées par les autorités israéliennes. Résultat : environ 24 000 Palestiniens de Gaza, qui travaillaient avant en Israël, sont aujourd’hui sans emploi. Pis encore, la famine fait rage. La crise humanitaire est en train d’atteindre un niveau explosif. Crise que l’ONU qualifie de « famine imminente ».
Selon le rapport de la Croix-Rouge, plus de 15 000 manquent terriblement de nourriture, d’eau et des services médicaux, et ce depuis le 28 septembre dernier, date du début de l’incursion de l’armée israélienne. Plus de 7.000 personnes ont besoin d’aide immédiate.
À Gaza, des blindés et des chars empêchent toute circulation de personnes ou de véhicules. L’accès de l’aide humanitaire dans cette région reste très limité, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA). Plusieurs milliers de personnes sont sans eau ni aliments depuis plusieurs jours. Situation dramatique, contraire aux droits internationaux, notamment la convention de Genève. À Gaza, le droit international est bafoué à tel point que la Croix-Rouge, l’ONU, et les associations humanitaires se sentent impuissants. Certes, l’armée israélienne a mis en place une «route humanitaire», mais cette dernière n’est pas sécurisée. La situation est d’autant plus préoccupante que la Croix-Rouge, elle même devenue une cible, compte suspendre ses actions d’aide humanitaires. Avec la disparition de Yasser Arafat, c’est toute la Palestine qui est orpheline. Les Palestiniens n’ont, désormais, que les yeux pour pleurer.

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