Hamidou : «je passe mon temps à prier»

Hamidou : «je passe mon temps à prier»

ALM : En tant qu’acteur marocain résidant en France,  que représente, pour vous, le mois de Ramadan ?
Hamidou : Je suis heureux de passer, pour la première fois  depuis trente ans, ce mois de Ramadan au Maroc parmi les miens. Cela me remonte le moral puisque je suis toujours sous le choc après la récente disparition de mon fils dans un accident de circulation.
Ramadan est un mois plein de spiritualité, de piété et de compassion. C’est l’un des cinq piliers que la plupart des musulmans préfèrent aux autres mois lunaires.
Généralement, les gens deviennent, au cours du mois de Ramadan, plus charitables et plus tolérants. C’est un heureux événement qu’on tient à saisir pour approfondir nos croyances et notre foi. On tient donc à le passer dans le recueillement et la spiritualité. Je m’estime heureux d’habiter l’ancienne médina de Rabat, ce qui me permet de vivre une véritable ambiance ramadanesque.

Comment passez-vous vos journées ?
En bon musulman, je passe mon temps à prier et à lire le Coran. J’ai tout mon temps pour fréquenter la mosquée, mais je ne le fais pas uniquement par paresse. Quand je n’ai pas de film à tourner, j’écris beaucoup pour mes spectacles de one man show.  Je fais partie des gens dynamiques et j’aime faire du sport. Pendant les jours ordinaires, je fais quotidiennement mes deux heures de jogging à partir de 6 heures 30 du matin sur la plage. Au cours du mois de Ramadan, je choisis de le faire aux environs de 15 heures et je passe après chercher ma petite fille Nejma à l’école. De retour à la maison, je fais ma prière et je me prépare à  rompre le jeûne en famille. C’est mon emploi du temps de la journée.

Est-ce que vous regardez la télévision pendant le mois de Ramadan ?
Malheureusement oui, ce que nous présentent les deux chaînes nationales comme spectacles marocains me déplaisent. Je trouve qu’il y a beaucoup plus d’agression que d’humour dans leur manière de nous faire rire. Cela devient déplorable surtout pendant  la rupture du jeûne. Les deux chaînes sont davantage regardées en pareil moment par les Marocains et surtout par la communauté marocaine établie à l’étranger. C’est pourquoi, elles doivent proposer à leur public une programmation de qualité.
Personnellement, je ne regarde pas beaucoup les deux chaînes marocaines, j’ai l’habitude de zapper vers les chaînes françaises, égyptiennes et libanaises. Leur programme religieux ou humoristique est plus étudié pour réussir à s’adapter aux goûts du public.

Est-ce qu’on vous a proposé de jouer dans des séries télévisées pendant le mois sacré ?
J’ai eu des propositions pour jouer dans des sitcoms, mais j’ai refusé. Je ne suis pas un génie pour participer à ce genre de productions qui se fait en 40 jours. En France, j’ai joué dans le fameux sitcom «le 6ème gauche» dont le thème traitait les problèmes des immigrés. Son tournage a duré plus d’un an et il a remporté une grande audience parmi les téléspectateurs. Il n’empêche que les deux chaînes ont réalisé d’intéressants téléfilms auxquels j’ai eu le plaisir de participer. Je suis content de reprendre contact à nouveau avec le public marocain à travers le téléfilm «Rijal tahta Al Ard», «Les hommes sous la terre», financé par 2M.

Quel est votre plat préféré ?
Je préfère la soupe marocaine «La harira» à toutes les recettes et je ne peux pas m’en passer pendant les trente jours de Ramadan. 
J’aime toutes les ch’hiwates marocaines surtout les sucreries, mais il ne faut pas en manger beaucoup. Pendant ce mois sacré, les gens deviennent capricieux et achètent tout ce qu’ils trouvent sur le marché. Finalement, c’est, comme on dit, l’œil qui mange le plus. A la rupture du jeûne, ils ne se contentent que de peu de choses. Ce n’est pas méchant puisque s’ils mangent tout, ils risquent de tomber malades.

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