Hanane Zouhdi : «Les réalisateurs osent parler de prostitution et montrer la nudité»

Hanane Zouhdi : «Les réalisateurs osent parler de prostitution et montrer la nudité»


ALM : Pouvez-vous nous parler de Hanane Zouhdi la jeune actrice qui a su s’imposer avec force sur les devants de la scène?
Hanane Zouhdi : Je suis une comédienne âgée de 31 ans, née à Casablanca et résidante en France depuis 2006 où je poursuis mon métier. Mon parcours artistique a débuté dés mon plus jeune âge au Conservatoire national de Casablanca grâce à mon défunt père qui m’y avait inscrite. Poursuivant mes études en parallèle, j’ai rejoint le monde du mannequinat et de la publicité. Mes premiers pas dans le cinéma étaient dans des films de productions étrangères à Ouarzazate avec le réalisateur Mohamed Ahmed Bensouda. Ensuite, une nouvelle occasion s’est présentée, cette fois-ci, dans l’animation télévisée en co-animant une émission de jeux sur la première chaîne. C’était le premier contact que j’ai eu avec le public et pas le dernier. Au moment de la diffusion, j’ai été repérée par une réalisatrice, une artiste dans l’âme qui n’est autre que Fatima Boubakdi et ce en 2000. Elle m’a proposé un premier rôle dans une série qui s’intitule «Al Kamine». Ce fut le déclic, depuis les rôles se sont enchaînés et je me trouve comme un poisson dans l’eau, car j’ai beaucoup d’amour et de passion pour mon métier et ce n’est qu’un début.

Votre talent s’est illustré dans beaucoup de séries et ce même dans les rôles secondaires. Parlez-nous de ces expériences.
A l’heure actuelle, j’ai à mon actif plus de dix expériences télévisuelles et des projets futurs sont en cours. À chaque fois, c’est un moment de pur bonheur pour moi d’incarner un personnage différent et de vivre des moments similaires. Peu importe si c’est un premier rôle ou un second du moment que c’est un personnage qui va rajouter quelque chose de positif à ma carrière. C’est plutôt le jeu, la présence et le côté naturel des choses que le public retient à la fin, c’est ce personnage qui marque ne serait-ce qu’un passage dans une seule séquence .

Quel rôle rêveriez-vous d’interpréter?
Je n’arrête pas de rêver…de rôles et de rôles. Un acteur en veut toujours plus et il n’en a jamais assez… il suffit de tomber sur un réalisateur qui vous donne une occasion de dégager quelque chose de nouveau. J’ai interprété plusieurs personnages, mais je suis plus pour des interprétations compliquées où il faut creuser et chercher au fond de soi pour ajouter sa petite touche personnelle et artistique. Il faut dire que j’aimerai autant incarner le personnage d’une personnalité historique, courageuse, audacieuse, avec beaucoup de caractère… un autre style m’inspire aussi, celui d’une folle ou déséquilibrée mentale…

Avez-vous d’autres talents cachés?
J’ai sûrement des talents cachés. Je citerai à titre d’ exemple mon humour et mon don de l’imitation des gens et personnes que j’apprécie.

Que pensez-vous du cinéma marocain?
Le cinéma marocain ne fait qu’avancer, beaucoup de choses ont changé et ce, depuis 14 ans à peu près, à commencer par la qualité des films réalisés et de l’interprétation des acteurs. Aujourd’hui, les réalisateurs osent montrer et dire des vérités, chose qui était inimaginable il y a encore dix ans . Parler de prostitution, de drogue, de corruption, de politique et montrer la nudité. La censure est toujours présente, mais ce qui est intéressant, c’est de constater que les réalisateurs ont de moins en moins peur de s’exposer…et ça c’est fabuleux. De plus, une émergence de jeunes acteurs et réalisateurs marocains talentueux ont fait leur apparition ces cinq dernières années avec un Maroc vrai, plus dynamique et plus réaliste. Le jeu des acteurs n’est plus théâtralisé comme à l’époque, et certains n’ont rien à envier aux Américains. Le problème reste au niveau des cachets. Bien que les acteurs marocains soient plus exigeants aujourd’hui, plus talentueux, il n’en demeure pas moins que beaucoup sont obligés de se «brader» au niveau de leurs cachets. Beaucoup ont peur de négocier, et certains sont même prêts à travailler «pour rien» par peur de perdre le rôle. Ce qui oblige tous les autres à s’aligner de peur de finir aux oubliettes. C’est dommage!

Quels sont vos secrets de beauté?
Je n’en ai pas. Pour moi la beauté est intérieure, celle du cœur et de l’âme, celle qui ne s’efface pas, qui ne nous quitte jamais même qu’on prend de l’âge elle se reflète encore…

Et côté cœur, comment va Hanane Zouhdi?
Aux anges et très heureuse dans mon foyer. J’ai la chance d’avoir un mari très compréhensif et très mature vis-à-vis de mon métier et mode de vie qui m’incite à me déplacer souvent. Une grande confiance règne entre nous et c’est ce qui nous permet de bien vivre et de profiter pleinement de la vie.n

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