Hassan Khattab : la descente aux enfers (2)

Hassan Khattab : la descente aux enfers (2)

C’est par le biais de Faïçal Taleb que Hassan Khattab a été recruté pour faire partie de la cellule «Assa’iqah» (tonnerre) du dénommé «Abou El Qaâqaâ». En cet été 2003, Khattab était déjà installé à son propre compte en tant qu’herboriste et commerçant de pièces de rechange pour les téléphones portables. A l’époque déjà, on retrouvait parmi les membres de cette cellule un élément de la DGSN : Gharib Drissi qui faisait partie des unités mobiles d’intervention.
Dans un premier temps, une grande partie de l’action de cette cellule consistait à apporter aide et soutien aux familles des salafistes arrêtés ou condamnés par la justice pour leur implication dans les attentats terroristes du 16 mai 2003. ce sera le cas pour les familles de Nordine Gharbaoui, Mohamed Chadli et notamment la famille de Hicham Aânkoud, l’un des Marocains-afghans tombés sous le feu de l’armée américaine au pays des Mollahs.
Parallèlement et dans l’objectif de s’assurer une meilleure couverture, des membres de cette cellule multipliaient les sorties médiatiques pour condamner les attentats terroristes. Ce sera le cas pour Hassan Khattab et Brahim Abrouk qui étaient presque devenus des habitués de la chaîne « Al Arabiya » quand les correspondants de cette dernière n’étaient pas occupés à tendre le micro aux avocats des dizaines de membres d’autres cellules.
Lors des diverses réunions, tenues presque quotidiennement dans le domicile de l’un des membres de cette cellule, Hassan Khattab et ses «frères» réfléchissaient à la meilleure manière pour sévir contre un régime «impie», «allié des Américains et des sionistes» et sans pitié envers les (authentiques) musulmans. Il sera finalement convenu de coordonner avec quatre autres cellules de Salé pour une action commune et de grande envergure.
En attendant, et comme le souhaitait Faïçal Taleb, il était question de préparation logistique. La solution est vite trouvée : délester les « apostats » de leurs biens lors de randonnées nocturnes dans des coins bien connus à Salé pour être le refuge, entre autres, de couples à la recherche d’un semblant d’intimité. Pour mieux être à l’abri de la traque menée par les services de sécurité dans les milieux salafistes, les membres de la cellule de Khattab se sont mis d’accord sur l’adoption de pseudonymes et d’une nomenclature spéciale pour leurs communications téléphoniques. A cette époque-là, l’un des rôles principaux pour Hassan Khattab consistait à abreuver les membres de sa cellule de prêches incendiaires lors de longues réunions destinées à ce qui est appelé «Taqwiyate al Imane» (renforcement de la foi) dans les milieux salafistes.
C’était sans compter avec la vigilance des services de sécurité alarmés par une grande «découverte» : le quartier «El Ouad» et la petite localité de Laâyayda étaient devenus un Kandahar en miniature avec ses réseaux, ses mosquées «sauvages» et ses sources de financement. Pour prolongement «naturel», on retrouvait la localité de Sidi Taïbi, autre bidonville et fief de multiples cellules terroristes dont la plus célèbre restera celle de Youssef Oussaleh, le trésorier local du PJD toujours emprisonné et qui fait partie, depuis quelques années, du Conseil national de la formation politique de Saâd Eddine El Othmani et Mostafa Ramid.
A l’issue d’un procès marathonien et de virulents échanges entre le représentant du Parquet et les avocats de la défense, Khattab et ses amis sont condamnés à diverses peines de prison et iront rejoindre des dizaines de terroristes dans les prisons marocaines. Hassan Khattab, lui, est condamné à deux ans de prison et ce verdict suscite surprise et étonnement vu la gravité de ce qui lui était reproché en vertu de différents textes de loi et notamment de celui qui a trait au terrorisme.

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