Hicham Bahou, l’homme de l’ombre

Hicham Bahou, l’homme de l’ombre

L’un sait lire, l’autre écrire. Hicham Bahou et Momo composent le tandem fondateur du L’boulevard, l’un des rares événements culturels indépendants et à l’origine du phénomène musical urbain le plus underground au Maroc. Ainsi, il est difficile de dresser le portrait de Hicham sans évoquer Momo, Alias Mohamed Merhari. Si Momo est fonceur, Hicham est plus réfléchi. Momo est extraverti, Hicham est plus réservé. Momo est plus visible, Hicham plus discret. Momo est Rolling Stone, Hicham est Beatles. Plus encore, ce pacifiste dans l’âme est un pur fanatique de John Lennon. «Imagine all the people Living life in peace…» Regard juvénile, pas de piercing à l’oreille, ou coupe de cheveux fantaisiste, moins encore de surnom. Dans l’aventure L’boulevard, Hicham Bahou, ce master en Communication, est l’homme de l’ombre. Outre la programmation musicale, il s’occupe de tout ce qui est graphisme, et com. Originaire du Souss, Hicham est né à Paris en novembre 1974, sa famille s’est installée à Casablanca alors qu’il avait à peine 4 ans. Adolescent, il rencontre au conservatoire de Casablanca de jeunes musiciens auxquels il se lie d’amitié. Il gratte un peu la guitare, il filme leur concert, ou de temps à autre met la main à la pâte en aidant à ranger ou à brancher le matos. En 1995, c’est le système D qui prime pour chaque rassemblement de rockeurs. Il organise son premier concert avec la revue Kifach à Casablanca en 1996. C’est à cette époque qu’il rencontre Momo, alors animateur à la F.O.L. Un des rares espaces qui permet aux jeunes créateurs de se rencontrer et d’évoluer. Peu à peu, doucement, l’idée du L’boulevard germe chez le duo. Ils défient les obstacles et créent en 13 ans : L’boulevard, le Tremplin, puis mieux encore, le Bouletk érigé aujourd’hui en premier centre de musique actuelle en Afrique. Sans s’en rendre compte le temps passe, Hicham toujours célibataire, entièrement engagé au L’ boulevard, ne stresse pas pour trouver sa Yoko Ono. Plus Hicham mûri, plus s’intéresse à ses racines, la culture et la sociologie, l’histoire du Maroc, de l’Afrique, la Méditerranée, l’amazighité, le monde arabe, l’Islam. Tout ceci lui offre une matière, enrichit son identité et le rend de plus en plus attaché à une culture populaire et traditionnelle où tout le monde chante, danse, et où l’art, une éducation, fait partie de la vie de tous les jours.

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