Japon : des fraudes aux pensions de retraites des morts

Dans la seule cité de Kobe (ouest), sur les 847 centenaires officiellement enregistrés par les services municipaux, 105 ont disparu de la circulation. «La ville a lancé des investigations concernant ces personnes», a déclaré à l’AFP un fonctionnaire municipal, ainsi qu’au sujet de 22 autres centenaires qui n’ont pas recouru aux services sociaux ou médicaux au cours des dernières années. Parmi ces «disparus» figure une Japonaise qui serait aujourd’hui âgée de 125 ans et serait donc la vraie doyenne du Japon, dépassant Chiyono Hasegawa, une femme de 113 ans, vivant dans la préfecture de Saga (sud). L’archipel compte officiellement plus de 40.000 centenaires sur une population de 127 millions d’habitants, qui bat des records de longévité: 86,44 ans en moyenne pour les femmes, premier rang mondial, et 79,59 ans pour les hommes, cinquième rang. La récente campagne de recensement de ces doyens a été lancée dans tout l’archipel après la découverte de plusieurs cas de centenaires présumés dont la trace a été perdue ou qui sont morts depuis des lustres. L’opinion publique a été choquée d’apprendre que certains avaient disparu sans que leurs enfants, ni leurs voisins ne s’en aperçoivent ou ne le signalent, ce qui, selon les sociologues, est symptomatique d’une rupture des liens communautaires et familiaux. Des soupçons de fraude pèsent en outre sur certains proches qui n’auraient pas déclaré le décès de leurs aïeux pour continuer à empocher leurs pensions.
Le prétendu doyen de Tokyo, Sogen Kato, 111 ans sur les registres d’état-civil, gisait ainsi, momifié, sur son lit de mort depuis trois décennies quand la police l’a découvert récemment, alertée par un fonctionnaire incrédule. La famille a affirmé aux enquêteurs qu’il s’était cloîtré dans sa chambre il y a plus de 30 ans, en observant un jeûne afin de devenir un «Bouddha vivant». La police a ouvert une enquête pour fraude, la rente du retraité ayant continué d’être versée pendant toutes ces années.

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