Jeu : «Sota» ou le valet maudit

Au Maroc, jouer aux jeux de société est devenu une véritable tradition durant le mois du Ramadan. Un passe-temps favori de l’ensemble de la population. Quel que soit l’age, faire quelques parties de cartes ou d’échecs -surtout avant la rupture du jeûne- est un rituel que les Marocains ne peuvent s’en passer durant ce mois sacré. A la maison, dans les cafés ou encore devant les lycées, aucun endroit n’est épargné par la fièvre du jeu. Une fièvre qu’on partage aussi bien avec les amis qu’avec la famille. Comme nous allons le voir tout au long de ce mois, la liste de ces jeux est très longue.
Cette liste n’est toutefois pas exhaustive, en raison principalement de la créativité dont fait preuve les gens en matière de jeu. Nous allons nous intéresser en premier lieu aux jeux de cartes. Le premier jeu de notre série s’appelle « Sota » qui signifie valet en espagnol.
Le jeu « Sota » se joue avec un jeu de cartes espagnol d’où les appellations des différentes cartes du jeu. Ce jeu se compose de quarante cartes. Le jeu de cartes espagnol, comme celui français, est formé de 4 séries de dix cartes chacune : oros (ors), copas (coupes), espadas (épées) et bastos (bâtons). Chaque série se compose de dix cartes. Ces cartes sont numérotées de un à sept.
Et dans chaque catégorie, il y a sota (vallet,10), caballo (cavalier,11) et rey (roi,12). Pour jouer au jeu du Sota, il faut entre trois et six joueurs. Avant tout, il faut enlever du jeu trois dames et n’en laisser qu’une. Ensuite, on procéde à la distribution de l’ensemble des cartes.
Le but du jeu est de se débarrasser des cartes en main. Dans ce jeu, il n’y a qu’un seul perdant : celui qui aura en sa possession la fameuse carte « Sota » une fois la partie est terminée. Avant de commencer, les joueurs doivent d’abord éliminer les cartes du même rang, s’ils en détiennent quatre. Par exemple, si un joueur a quatre chevaliers, il doit s’en défaire.  Ensuite, un premier joueur pose sur la table entre une et trois cartes faces cachées en motionnant le rang. « Je pose deux cartes de six », par exemple. Le rang des cartes que doivent poser les autres joueurs est ainsi défini.
Dans notre exemple, c’est la carte portant le chiffre six. Si le joueur ne possède pas ce numéro, il doit poser n’importe laquelle. Certains appellent ce jeu « mensonges ». En effet, pour gagner, les joueurs sont obligés de mentir. Cependant, le mensonge a ses limites. Chaque joueur a le droit de demander de voir les cartes posées par le joueur précédent.
S’il s’avère que le joueur en question ait menti, il doit ramasser l’ensemble des cartes se trouvant sur la table. Sinon, c’est l’autre joueur qui encaisse la pénalité. Le jeu reprend à nouveau et c’est au gagnant de commencer en posant les cartes de son choix. Les joueurs se débarrassent au fur et à mesure des cartes en éliminant les cartes de même rang une fois réunies en main. Le joueur n’ayant plus de cartes en main quitte le jeu. À un moment donné, toutes les cartes sont éliminées, sauf le valet que le perdant détient.

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