La chasse au « Pourriel »

La chasse au « Pourriel »

La terminologie est foisonnante, mais le problème est unique. Les mots désignant le spam sont légion. Certains préfèrent l’appeler par courriers électroniques non sollicités, multipostage abusif ou courriel non désiré. D’autres plus anglophones le nomment junk e-mail, bulk e-mail, mass mailing ou plutôt l’unsolicited commercial e-mail. Et les internautes qui en ont eu ras-le-bol qualifient le spam de harcèlement textuel, de courrier-rebut, ou plus crûment de pourriel.
Mais qu’est-ce qu’un spam en fait? Fruit d’une simple contraction de « Spiced Ham » (jambon épicé), SPAM est la marque déposée d’une société américaine en agroalimentaire qui a fourni l’armée US pendant la Seconde Guerre mondiale. Un fabuleux destin a mené donc le spam au rang de la bête noire des internautes. Indésirable, le junk e-mail passe comme une lettre à la poste à travers les adresses électroniques. Le principe consiste dans l’envoi des courriers électroniques dans un but publicitaire ou promotionnel à des personnes qui ne l’ont pas sollicité. Le spammeur est devenu une persona non grata sur la Toile . Des études récentes ont montré que les « pourriels » représenteraient entre 75 et 85% de l’ensemble des courriers électroniques reçus par chaque internaute. La chasse contre les spammeurs s’organise. A Genève, une soixantaine de pays se sontt penchés dernièrement sur les moyens de vider la Toile de ses pourriels. En effet, les courriers électroniques non-sollicités représentent aujourd’hui près de neuf courriels reçus sur dix.
Le spam devient de plus en plus sophistiqué et accompagne l’évolution des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Désormais, son domaine de prédilection dépasse les fils de la Toile et s’attaque aux fils téléphoniques. Le SMS est la nouvelle proie du spam. Au Japon, le courriel a affecté près de 90 % des téléphones portables. Et les Nippons ont de plus en plus du mal à digérer cette propagation aux textos. Vous bombarder de message publicitaire est le sport favori des spammeurs. Ces derniers ont le vent en poupe, puisque des CD remplis d’adresses électroniques sont mis en vente, permettant ainsi d’envoyer des pourriels à tous les surfeurs.
Des logiciels anti-spam ont été créer pour défendre davantage sa boîte à lettre électronique. Dans le même sillage, un collectif ani-spam a vu le jour sur la Toile. W.caspam.org est le site le plus fervent en matière de lutte contre le bulk e-mail. Les concepteurs de ce site ont poussé le militantisme jusqu’à la rédaction d’une pétition contre le spam. «Nous, citoyens de l’Internet, demandons à toutes les autorités législatives compétentes (Parlement et Commission européenne, assemblée nationale et Sénat français) de tout mettre en oeuvre afin que le principe de l’Opt-in soit défendu, adopté, mis en place et respecté.» Le collectif anti-spam propose déjà une alternative.
L’Opt-in est une option qui permet d’avoir votre accord préalable avant de recevoir des messages publicitaires. Cette possibilité s’oppose à l’Opt-out, une option selon laquelle il faut écrire aux sociétés leur demandant de vous rayer de leurs listes. La pétition mise en ligne sur le www.caspam.org exprime le souhait des surfeurs de ne plus voir leurs boîtes à lettres bondées de messages indésirables. « Nous ne désirons plus recevoir de courriers, e-mails non sollicités (spam), et nous défendons le point de vue que seul ce principe de l’Opt-in est susceptible d’être compatible avec l’idée d’un Internet éthique et respectueux de notre vie privée et de notre liberté de choix.».
En effet, le spam constitue une atteinte à la vie privée. Une adresse e-mail est considérée comme une donnée personnelle, nominative et privée. Mais les spammeurs n’accordent aucune importance à la netiquette. Ils saisissent toutes les occasions ou presque pour récolter des adresses électroniques sur les news groupes, les espaces de discussion et sur les annuaires en ligne. Le site l’internaute.com, quant à lui, se fait plus pédagogique. Il propose une méthode de lutte comprenant 12 étapes. Le site commence par nous conseiller de faire le mort. « Il est primordial de ne pas répondre à un message non sollicité, même si en apparence, la possibilité de se désabonner vous est offerte. Un spammeur qui a le sentiment d’avoir ferré un gogo ne lâche jamais sa prise. » précise-t-on.
La démarche préconise ensuite de se méfier des cases à cocher, d’avoir au moins deux adresses mail, de recourir à des boîtes aux lettres temporaires, d’utiliser la fonction « courrier indésirable » d’Outlook, de ne télécharger que les en-têtes des messages, de créer des règles de réception dans Outlook et surtout de bien choisir les critères de tri et les mots-clés. Pour assimiler davantage cette solution à 12 clés une visite chez l’internaute.com serait fructueuse. Le rédacteur du site spamanti.net semble être le plus acharné des internautes contres les spammeurs. Il a dressé une liste noire des domaines organisant les spams. «Une liste que j’ai constituée à partir des spams que j’ai reçus, des courriers que j’ai envoyés aux postmasters de ces domaines qui n’ont jamais reçu de réponse ou qui indiquaient un compte e-mail inexistant, ou encore qui indiquaient une politique clairement favorable au spam.» indique-t-il.
Les spammeurs continuent donc de visiter nos boîtes à lettres, même contre notre gré, et tiennent surtout à squatter davantage la Toile. En attendant un monde virtuel sans spam, bon surf !

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