La Chick lit, ou le «Remake» des romans à l’eau de rose

La Chick lit, ou le «Remake» des romans à l’eau de rose

Nouvelle tendance. Nouvelle littérature, et donc nouveau nom. La chicken littérature qui se prononce désormais « chick lit », baptise de manière anglophone la « littérature des poulettes ». Ces poulettes sont à la fois les lectrices et les protagonistes mais aussi les auteur(e)s de ces romans.
Cette vague est née il y a une dizaine d’années, avec les parutions en 1996 de Sex and the City (Candace Bushnell) et du Journal de Bridget Jones (Helen Fielding). Certains vont jusqu’à dire que ce sont ces deux romans qui ont édifié l’archétype féminin de la chick lit.
Le topo des personnages est le suivant : une femme urbaine, active, quelques fois mère-célibataire. Très souvent, cette héroïne est de catégorie socio-professionnelle à standing (CSP+), attachée de presse, avocate ou chroniqueuse. Bref. Un métier où l’on rencontre du monde.
Pour ces trentenaires, dont le souci principal est le plus souvent d’être «célibataires» ou même «célibattantes», la quête est toujours celle de l’amour avec un grand «A». En fait, le but est le même que dans les bons vieux Harlequins, mais dans cette sauce à l’eau de rose, il est plus d’épines que de roses.
Dans cette « littérature », la rédaction se fait plus sous la résonnance du journal intime ou du blog, plus cru, plus contemporain et plus ironiques. Les narratrices s’acharnent à qui sera la plus ironique. Il est ici question de femmes qui brossent le quotidien de leur vie professionnelle et sentimentale dans les expressions les plus ouvertes et les plus fofolles pour donner plus de vie à ces écrits.
Illustration. Le roman Un amour de connasse de Sonia Muller a été adapté à partir du blog ma vie de connasse.
Idem pour Sex and the city , là aussi c’est le «Remake» de chroniques parues dans The New York Observer. Aussi, le personnage de Fonelle, créé par Sophie Fontanelle pour l’hebdo Elle, a rencontré par la suite un franc et français succès en librairie.
Dans cette littérature, nul besoin de penser à Mme Bovary, c’en est loin. C’est plutôt la « new génération » des écrits à l’eau de rose, autrefois si méprisés.
Il était tendance de dire que ce type de littérature était dédié aux chaisières plutôt coincées et frustrées. Maintenant que les héroïnes du chick lit sortent leurs griffes, bon nombre des femmes s’y reconnaissent, s’y identifient, ou en font carrément un prototype à suivre.
Ces héroïnes sont donc, désespérées à se pendre, amoureuses à en devenir folles, maladroites, souvent face à des crises de carrière et de cœur. Elles sont sexy, ou le deviennent au fur et à mesure que le scénario avance, au parler cru, obsédées de mode, de boulot, de poids, de belles-mères et pour la touche finale elles font une fixation sur les hommes.
C’est justement pour cette raison que la chick lit connaît un franc succès. Elle se fait l’illustration avec la justesse, la précision et la cruauté de la vie contemporaine, aavec sa frivolité et sa brutalité.
Tous ces ingédients sont mixés avec l’arrière goût implacable. Celui qui n’a pas changé depuis la période de l’avant guerre dans les romans de Delly, précurseur de la littérature rose. La base de cette recette qui est avant tout la recherche desespérée de l’âme sœur.
Là est le secret qui rend cette littérature aussi prisée. Au lieu de subir le casse-tête d’une lecture à profondes questions existentielles et pluri-dimentionnelles, les lectrices préfèrent lire leur propre vie vue sous un angle de vérité, de transparence, d’allégresse et de sarcasme des fois.
Celle qui a donné le ton a été Helen Fielding avec son héroïne Bridget Jones. Celle-ci obsédée par son poids, amoureuse de son patron, boires et déboires, puis Happy End oblige, bien sûr sinon pas de chik lit. Ce livre s’est vendu à 4 millions d’exemplaires dans le monde. Aux States, c’est Candace Brushnell qui tire le rideau sur son quartette de trentenaires fringuées au dernier cri, cumulant aventure sur aventure .
La compilation de ses chroniques dans le New York Observer fait un tabac par le sitcom Sex And The City.
Autre personnage à succès. Miranda Priestly, personnage central du Diable s’habille en Prada de Lauren Weisberger. C’est le genre qui porte sur sa peau plus de 3000 dollars d’habits, et qui se préoccupe davantage du sort  de ses pompes Manolo Blahnik malmenées par la pédale de frein que du carambolage dont elle est à la source.
Autre modèle. La jeune Japonaise Hitomi Kanheara, de 22ans, chamboule tous les concepts quand elle se rit des tabous en traînant son spleen dans les rues de Tokyo. Et beaucoup d’histoires ont fusé dans ce sens, plus saugrenues les unes que les autres, mais qui restent un vrai bon d’air à donner le fou rire par certains passages. C’est pour dire que la chick lit passe au peigne fin toutes les «catas féminines». à des siècles lumières de Barbara Cartland ou de Jane Austin. Et quoi qu’on en dise, ils sont aussi lus pas les hommes pour déceler l’ultime question : «Que pensent les femmes ?».

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *