La grande mosquée de Taroudant

Située dans la plaine du Souss à 85 km de la ville d’Agadir, Taroudant, ou "la petite Marrakech" comme les Roudanis aiment l’appeler, est l’une des plus anciennes villes du Royaume. Destination privilégiée des touristes, elle est célèbre pour ses remparts de couleurs ocre et rouge entourés de jardins, pour ses portes voûtées à l’instar de Bab al-casbah et Bab Targhount ainsi que pour son patrimoine religieux qui compte une quarantaine de mosquées. L’histoire de Taroudant se perd dans la nuit des temps. La ville date d’avant la présence romaine au Maroc. Elle a  servi de base arrière aux Amazighs dans leur lutte contre l’occupation romaine et elle sera ravagée par la guerre. Sous le règne des Almoravides puis des Almohades, Taroudant renaît et connaît un essor fastueux. A cette époque, elle a servi de base militaire pour le contrôle de la région du Souss assurant, par là-même, le commerce caravanier en provenance du Sahara. Toutefois, l’avènement des Mérinides sonne le déclin de Taroudant. Relégué au second plan durant deux siècles, elle sera supplantée par d’autres centres du Souss comme Tiout et Tidsi.
Taroudant ne reprendra son éclat et son développement que sous la dynastie des Saâdiens. Elle connaîtra son apogée au XVIème siècle sous le règne de Mohammed Cheikh qui en fait sa capitale et le lieu de départ  pour ses offensives contre les Portugais installés à Agadir. Elle devient alors un centre caravanier important, célèbre pour l’abondance et la qualité de ses marchandises comme le sucre, le coton et le riz. La ville sera également célèbre pour ses splendides constructions comme l’est la casbah sultanienne.
L’une des réalisations les plus importantes et les plus grandioses a été l’édification de la grande mosquée. C’est le Souverain saâdien Mohammed cheikh qui a donné l’ordre de sa construction et de celle de la medersa qui lui est contiguë.
Située à l’Est de la ville, cette mosquée s’étend actuellement sur une superficie de 3215 mètres carrés et peut contenir jusqu’à 4000 fidèles. Elle se distingue par son minaret long de 27 mètres et dont la forme est inspirée de celle de la Kaâba. Ce minaret carré est l’un des plus célèbres du Maroc. La mosquée se caractérise également par un “mihrab“ richement décoré et orné de lettres koufies. Lieu de culte, mais également d’enseignement, la grande mosquée compte une bibliothèque, jadis dotée d’un important fonds de manuscrits et de documents précieux  patiemment entreposés au fil des siècles.
Cette collection a été éparpillée et ses pièces entreposées dans des bibliothèques publiques ou privées. Durant plusieurs siècles, cet édifice spirituel fut une source de rayonnement religieux et social. Plus qu’un chef-d’œuvre architectural, la grande mosquée de Taroudant est classée monument historique du Royaume. Elle fait partie des lieux de prière que le ministère des Habous et des Affaires islamiques tient à préserver. Au cours de ces dernières années, il a engagé des actions pour réhabiliter ce précieux héritage et mettre en valeur ses caractéristiques architecturales, culturelles et spirituelles. Ainsi, a-t-il procédé à la restauration de la mosquée et a alloué à ce projet de rénovation une enveloppe budgétaire de l’ordre de 6,8 millions de dirhams. En février 2004, Sa Majesté le Roi Mohammed VI y a accompli la prière du vendredi et a donné ses hautes instructions pour qu’elle soit préservée. 

L’origine du mot Taroudant
L’origine du mot Taroudant est énigmatique. Selon certaines légendes, il provient du nom d’une princesse syrienne appelée "la Reine Roudana", qui s’est installée dans cette région du Souss. Alors que pour d’autres, le mot Taroudant a une connotation berbère. Il découlerait d’une phrase prononcée pour mettre en garde contre les crues de la rivière Oued Souss qui longe la ville.

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