La nouvelle scène, un véritable phénomène de jeunesse

La nouvelle scène, un véritable phénomène de jeunesse

Le 21 juin, le monde entier célèbre la musique. C’est à chaque fois une occasion pour la promotion et la mise en avant de jeunes artistes qui posent un nouveau regard sur le monde d’aujourd’hui. Au Maroc, la plupart de ces jeunes artistes qui émergent, s’inscrivent au niveau de ce que l’on nomme actuellement la musique urbaine ou encore, la nouvelle scène. Et ceux-là fêtent la musique tout au long de l’année et non exclusivement pendant le 21 juin. Leurs modes d’expression sont le rap, la fusion, le R’n’B, le rock, la musique électronique et la danse. Plusieurs manifestations ont participé à l’émergence à cette nouvelle scène en l’occurrence le festival de Gnoua, L’Boulvard et, dernièrement, Mawâzine. On y note au fil des ans un nombre de groupes de plus en plus grand. Quatre cents groupes sont passés par  le boulevard des jeunes musiciens depuis sa création en 1999. Constat: la nouvelle scène évolue.
Les groupes ont de plus en plus d’espaces d’expression. Aujourd’hui, la majorité des festivals musicaux nationaux, ( Casa musique, Mawâzine, Festival de Dakhla, Zemmour, festival des fleurs de Mohammedia, Lala Takerkoust, Essaouira…), prévoient des sections réservées aux jeunes talents et par la même occasion à la musique urbaine. Les groupes s’y produisent relativement dans de meilleures conditions : des techniques de sonorisation, des instruments de meilleure qualité. Les groupes drainent à chaque manifestation un public plus conséquent, constitué majoritairement d’une population jeune. Une jeunesse qui voit en ces artistes de la nouvelle scène des porte-parole, des modèles dont ils suivent l’expérience de près. Et le profil d’une majorité de ces artistes est celui de gens instruits, ouverts aux autres cultures musicales occidentales, et qui mettent en avant leur identité marocaine notamment avec l’utilisation dans leurs chansons de la «darija». À la 9ème édition du festival L’Boulevard 2007, plus de 160 000 personnes ont fait le déplacement aux stades du COC et du RUC à Casablanca. Ces groupes prennent des initiatives, s’impliquent dans le travail associatif et contribuent par la même occasion au ressort de cette nouvelle scène. Quelques formations comme Casa Crew, Fnaïre, Amarg Fusion entre autres, possèdent leur propre studio d’enregistrement et y produisent à leurs tours de nouveaux talents. Le groupe de rap féminin Tigresses Flow, lauréat du concours Génération Mawâzine 2008 était beaucoup aidé dès le début de sa carrière en 2007, par l’association «Union pour la jeunesse» présidée par Saht Man, l’un des fondateurs du groupe Casa Crew, notamment au niveau de l’enregistrement de leurs maquettes, avait indiqué un membre du groupe Tigresses Flow à ALM. Ainsi, en résumé, la situation semble positive quant à l’évolution et au développement des nouveaux modes d’expression des jeunes. Le signal fort adressé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, notamment à travers le don Royal versé lors de la clôture du festival Mawâzine le 26 mai 2008 au profit d’artistes comme Hoba Hoba, Joudia, Darga, Mazagan et H kayn, augure du rayonnement de cette nouvelle scène. C’est au tour donc des politiques de suivre ce signal. Mais sur le terrain, la politique culturelle des départements gouvernementaux, demeure décalée quant aux réels besoins des jeunes. Ces derniers manquent d’infrastructures culturelles disponibles et adaptées à leurs modes d’expression : Il ne s’agit pas là seulement de scènes érigées chaque 21 juin ou pendant quelques festivals, mais de locaux de répétition, d’espaces d’échange et de proximité essentiels pour l’amélioration de la qualité et la diversité artistique, la créativité et l’esprit d’initiative des jeunes. Parce que ceux-là veulent fêter et apprendre à fêter la musique, l’art, la culture et  la vie au quotidien.

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