La presse ou les démons du mensonge (10)

De cette façon les généraux sont sûrs de limiter le champ d’action des journalistes étrangers qui ne verront en fin de compte que ce qui arrange le commandement militaire et rien d’autre. Même les contacts avec la population civile sont réduits au strict minimum pour éviter tout dérapage. L’opinion internationale doit à tout prix avoir le même son de cloche ‘‘ l’armée est au-dessus de tout soupçon’’.

Les victimes
En plus de ceux qui ont perdu leurs vies, reste ceux qui ont énormément souffert et auxquels nous rendons un grand hommage pour leur courage, leur honnêteté, leur persévérance et leur résistance.
Ils ont subi des tortures en tous genres, des viols, des harcèlements judiciaires et des insultes dans le meilleur des cas. Leur souffrance est celle du peuple algérien avec lequel ils sont toujours restés honnêtes.
Nous ne pouvons pas les citer tous et nous n’avons aucune décoration à leur offrir sinon notre profonde reconnaissance et notre profond respect. Parmi ceux là nous citons :
Salima Ghezali,
Chawki Amari (caricaturiste),
Marc Marginedas (correspondant d’El periõdeco : expulsé),
Mourad Hadjersi (journaliste
free lance),
Baya Gacemi (la Tribune),
Faycel Metaoui (El Watan),
Abi Mounir (caricaturiste l’Authentique),
Abdelaziz Houmad (directeur d’Ouest Info),
Billal Thaminy (l’ Authentique)
Djillali Hadjaj (El Watan),
Saad Bouakba ( El Youm),
Zoubir Souissi (ancien directeur du soir d’Algérie),
H’mida Layachi(El Khabar),
Abdel Ali Hocine (Gayad) (El Khabar),
Djamel Benmered (exilé),
El Kadi Ihsane (Le quotidien d’Oran),
Touhami Madjouri (El Alam Assiyassi),
Daikha Dridi (free lance),
Mourad Aït Ouarab (free lance),
Ahmed Kaci(l’Authentique).
La dernière victime en date du colonel Hadj Zoubir est un jeune photographe Walid Zeroug, arrêté le mardi 28 mars 2000 à 19h30. Il a été emmené à Ben Aknoun (Belaroussi) où il a passé cinq nuits avant d’être relâché le dimanche vers 17 heures après que l’AFP ait rendu publique l’information.
Ce photographe âgé de 24 ans travaille entre autres pour l’agence française IMA Presse. Son arrestation est directement liée au fait qu’il connaît personnellement l’attaché de presse au sein de l’ambassade de France à Alger. Zoubir avait demandé à Walid Zeroug de collaborer avec lui mais le jeune photographe a refusé.
 
Les disparus
Une pensée très particulière à quatre journalistes disparus dont deux arrêtés officiellement par les services de sécurité, à ce jour leur sort est identique à celui des milliers de victimes disparus qui nous interpellent à tous les instants pour que l’on fasse toute la lumière sur les :
Djamil Fahassi : (Radio algérienne, chaîne III),
Aziz Bouabdallah (El Alam El Siyassi),
Tous deux arrêtés par les services de sécurité.
Kadour Bouselham, (Horizons),
Mohamed Hassaine, (Alger
Républicain),
Présumés tués par des groupes islamistes.

Les agents des services
Nous tenons avant toute chose à préciser que les noms qui vont suivre sont ceux des personnes qui ont volontairement choisi de collaborer avec les services de sécurité. Les copies des dossiers agents (ou fiches bleues) qu’ils ont signées ainsi que les preuves de leurs méfaits seront transmis aux instances judiciaires le moment venu. Ces journalistes ainsi que d’autres, ont vendu leurs âmes aux assassins de leurs collègues journalistes. Nous n’allons pas non plus nous rabaisser et décrire les détails de leurs vies privées soigneusement notés dans leurs dossiers par les responsables des services et ce d’abord par respect pour leurs familles et aussi par respect pour les lecteurs de ce dossier.
Nous n’avons pas pris en considération le cas des journalistes qui ont cédé sous les menaces et les exactions en tout genre, car ceux là ont au moins le mérite d’avoir essayer de résister. Il faut dire qu’il n’est pas toujours facile de supporter les tortures de quelle nature que ce soit.
• El Watan :
Salima Tlemçani de son vrai nom Zineb Oubouchou, a été recrutée par le colonel Fawzi. Ses collègues l’ont surnommée le général à cause de ses contacts permanents avec le service et son autorité. Elle est utilisée par Zoubir comme sergent recruteur spécialement avec les journalistes étrangers et remplit des missions pour le service surtout à l’étranger. Elle a déjà été envoyée à une réunion de la Fédération internationale de journalistes pour passer les messages de la DRS ‘‘ C’est uniquement les islamistes qui tuent en Algérie’’. Elle doit partir le 3 mai à Barcelone pour participer à un séminaire international organisé par la coordination des Journalistes catalans à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse.
Elle a initié les attaques contre le MAOL d’après les instructions de Zoubir en commençant par diffuser des messages sur Internet sous le pseudonyme de ‘‘ SalimaPour’’.
 Tayeb Belghiche:(actionnaire d’El Watan), surnommé le manchot par les services du CCD; parce qu’il a perdu un bras durant son enfance lorsqu’il a sauté sur une mine dans la région de Souk Ahras.
Il s’est, dès les années 70, spécialisé dans le conflit algéro-marocain et l’affaire du Sahara Occidental.
Tayeb Belghiche est l’agent favori du service pour ce qui est des campagnes de propagandes contre le Maroc et les questions relatives au problème sahraoui.
C’est lui qui a fait entrer, il y a dix ans, Abla Cherif, de son vrai nom  »Amel Boumediène », dans le monde de la presse. Il l’a mise en relation avec les officiers des services et l’a convaincue de collaborer.
• Liberté :
– Nacer Belhadjoudja : il est utilisé par le service surtout pour espionner ses collègues, Zoubir l’a bien utilisé pour espionner Ghalib Djebour à l’Authentique, mais il est viré quand le directeur du journal s’en rend compte. Ses deux frères travaillent aussi pour le service, Rédha Belhadjoudja signe la chronique en page 24 de Liberté "Le nez et la perte" sous le pseudonyme Hakim Laalam; Said Belhadjoudja travaille comme correspondant du Soir d’Algérie à Annaba. C’est Nacer qui est le plus lié à Zoubir qui le traite comme son dauphin.
– Abrous Outoudert (directeur du quotidien Liberté) : il a été durant de longues années fonctionnaire au ministère de la Communication. Il s’occupait de la censure. Originaire du village de Taguemount Azouz, daira de Beni Douala wilaya de Tizi Ouzou, il a été contacté par Isaad Rabrab quand celui-ci a décidé de créer Liberté. Les deux sont originaires de Taguemount Azouz. Ils sont aussi cousins éloignés. Abrous est chargé de la gestion du quotidien liberté afin que Rabrab n’apparaisse pas. Abrous est très proche de Zoubir qui l’utilise comme agent de renseignement notamment auprès de l’ambassade de France où Abrous a des contacts importants. L’information publiée sur le radar de Liberté concernant Betchine lui a valu d’être emprisonné. Cette affaire cousue de fils blancs lui a aussi permis de gagner en crédibilité en plus de la prime du service.
– Ghania Khelifi.
• El Khabar :
Ali Djerri.
• Le Matin :
Farid Alilet.
• Le Soir D’Algérie :
Fouad Boughanem,
Rabah Abdellah.
• Horizons :
Naama Abbes, C’est le colonel Fawzi qui a convaincu Liamine Bechichi à l’époque ministre de la Communication de nommer Naama Abbes (Bi-National car née en France) au journal Horizons.
• La Tribune :
 Bachir Chérif Hassan
• France 2 :
Ahmed Ouandjli (correspondant ),
• Al-Jazzerah :
Boualem Allah Hamid
(correspondant),
• La radio algérienne chaîne 3 :
Zehira Yahi.
• El-Hayat :
Mohamed Moqaddem.
(Anis Rahmani)
• MBC :
Ahmed Megaache.
• Le Quotidien d’Oran :
Mounir Bendjemaa : ancien journaliste à Horizons et à l’Authentique où il a espionné pour le compte de Zoubir. Après son éviction de ce journal Zoubir le nomme au Quotidien d’Oran, ce journal en partie propriété du chef de la deuxième région en l’occurrence le général Kamel Aberahman. Mounir B. est aussi utilisé pour essayer de discréditer le MAOL sur Internet en lançant des messages sur les sites où il y’a des forums d’algériens.
• Hebdo Libéré :
Abderrahmane Mahmoudi.
• Le directeur d’Achaab :
Azzedine Boukerdousse.
• Le secrétaire général du Syndicat national des journalistes ( SNJ ): promu à ce poste par le service : Rabah Aabdellah. Il signe ses articles au "Soir d’Algérie" sous le
pseudonyme Sofiane Aït Iflis.
• El Moudjahid :
Mouloud Benmohamed, qui est devenu presque un habitué des rencontres sur les droits de l’Homme à Genève et Paris. Il est envoyé en mission pour prendre des photos et des enregistrements qu’il remet ensuite à Zoubir.
Ces agents des services sont animés par le désir d’arriver vite au sommet comme leurs prédécesseurs que les officiers recruteurs citent en exemple. Le service a souvent bien récompensé ses serviteurs fidèles afin qu’ils servent d’exemples aux autres journalistes plus soucieux de se faire une réputation que de faire honnêtement leur métier.
• Zahia Benarouss : ministre.
• Hamraoui Habib Chawki : ministre.
• Ahmed Boubrik : Directeur de la station ENTV de Constantine.
• Chadli Boufaroua : est devenu directeur du centre d’écoute de Dély Brahim.
• Mohamed Tigane : directeur d’El Massa.
• Nacer M’hel : directeur de l’APS (ex. Chef du bureau de l’APS à Tokyo, Mexico, et Washington et agent attitré de la DRS).
• Naama Abbes : est devenue directrice de l’Horizons.
• Abdelhak Bouatoura : un ancien journaliste à Horizons. Il est récompensé par la DRS en 1997 en le nommant comme attaché de presse au ministère de l’Intérieur.
• Fatiha Akkab : ancienne journaliste à Algérie Actualité, devenue fonctionnaire au ministère de la communication.
• Zoubir, les affaires et les autres
Le chargé du contrôle de la presse Tahri Zoubir a réagi de la même façon que ses chefs, à peine installer à son poste à Belaroussi qu’il s’est investi en parallèle dans la fructification des affaires de la famille. El hadj Zoubir est le frère de Miloud Zoubir, l’ancien wali de M’sila, nommé après le dernier mouvement des walis à la willaya de Ghelizane grâce à l’intervention du colonel Zoubir, le frère protecteur.
En 1995, les services judiciaires de la gendarmerie nationale mettent à jours un trafic à grande échelle de passeports, de cartes jaunes (dispense du service militaire) et de sursis militaires valables à l’étranger.

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