«La règle d’or : pas d’excès et pas de restriction !»

ALM : Quelles sont les maladies digestives les plus répandues au Maroc ?
Dr. Mounia Zahzah : On compte trois types de maladies digestives selon l’organe touché. Il y a d’abord l’hépato, donc les maladies hépatiques liées au foie. Les hépatites B et C sont de plus en plus répandues chez nous. Souvent, les cas qu’on reçoit sont en stade avancé, celui de la cirrhose de foie. Au niveau hépato, avec l’ampleur que connaît l’obésité dans notre société, les maladies du type stéato-hépatite non alcoolique (NASH) augmentent. Le problème, ici, c’est qu’il n’y a pas de symptômes et cela entraîne facilement des cirrhoses qui n’étaient pas auparavant classées dans une catégorie (B ou C) et qui restaient donc inexpliquées. Le second type de maladies est celui des colopathies fonctionnelles qu’on appelle le syndrome d’intestin irritable (SII). Là, il s’agit de troubles intestinaux très fréquents comme les douleurs abdominales, les ballonnements, la constipation ou encore la diarrhée. Ces maladies occupent la première place des cas reçus.
Le troisième type concerne les maladies gastriques. Ce sont les gastrites chroniques et les ulcères qu’on appelle maladie ulcéreuse gastro-duodénale. Tout aussi fréquentes, les pathologies cancéreuses qui touchent l’estomac, l’intestin, l’œsophage et autres parties de l’appareil digestif. Et c’est le cancer du colorectal qui est en tête de liste. En fait, les maladies digestives relèvent d’un problème d’alimentation et cela concerne à la fois les hommes, les femmes et les enfants.

Le jeûne peut-il déclancher et/ou aggraver ces maladies du tube digestif ?
Les personnes souffrant de maladies ulcéreuses ne doivent pas jeûner. C’est absolument contre-indiqué pour ces maladies évolutive ou en stade de cicatrisation. Par contre, ceux qui présentent des antécédents d’ulcère, doivent consulter leur médecin qui va les soumettre à un traitement préventif avant, pendant et après le Ramadan. Les colopathies, on les voit souvent en ce mois, parce qu’il y a changement du rythme alimentaire. Même celui qui n’est pas colopathe peut le devenir en raison du mode de vie qui n’est pas équilibré.

Alors comment prévenir ces maladies ?
Il y a un certain nombre de règles à suivre et cela commence par corriger les habitudes du genre éliminer le repas du Shor alors qu’il est très important.
Au Ftour, il faut réduire les sucreries comme la Chebbakia et ça serait mieux de l’éviter surtout pour ceux qui souffrent d’une colopathie. Ces derniers risquent d’aggraver leur maladie. Il faut bien s’hydrater avec un litre et demi à deux litres d’eau et plus particulièrement au Shor. On a tendance à oublier l’eau et à la remplacer par du jus, du café et autres boissons.
Les fruits, les légumes et le pain complet sont tout aussi indispensables. La règle d’or : pas d’excès et pas restriction ! On ne doit pas se sentir comme dans une course contre la montre durant laquelle on doit stocker un maximum d’aliments dans le tube digestif. Ceux qui mangent beaucoup ont le plus faim durant la journée parce que l’estomac est plus gros et n’est donc jamais satisfait.
Par ailleurs, il faut marcher et pas seulement pendant le Ramadan, mais durant toute l’année. Ne pas dormir tard et surtout ne pas manger juste avant de se mettre au lit est très important. Il faut manger deux heures avant d’aller dormir, sinon on a le reflux.
Cela crée au fur et à mesure une oesophagite (inflammation de l’œsophage).

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