La succession au trône saoudien repose toujours sur le droit d’aînesse

Le Roi Fahd avait lui-même confirmé la tradition, qui veut que le prince héritier succède automatiquement au roi à sa mort, lorsqu’il avait brièvement confié la régence au prince Abdallah en 1995, après qu’il eut été frappé par une embolie cérébrale.
Depuis cette date, le prince Abdallah, né en 1923, dirige de facto le royaume.
En Arabie saoudite, le prince héritier a traditionnellement remplacé le roi à la mort ou à l’abdication du souverain.
Mais le roi Fahd avait introduit un doute en promulguant en 1992 une "loi fondamentale" prévoyant que "le plus apte" parmi les fils et petits-fils du roi Abdel Aziz, le fondateur du royaume en 1932, serait désigné roi, sans toutefois préciser le mécanisme exact de cette désignation.
En modifiant le caractère automatique de la succession, cette loi ouvrait la voie à une possible lutte pour le pouvoir dans le royaume, le principal producteur et exportateur mondial de brut.
En effet, prise littéralement, cette disposition permet théoriquement à la famille royale de désigner comme souverain un petit-fils d’Ibn Saoud plutôt que l’un des quelque 24 frères et demi-frères du roi Fahd, dont le prince héritier Abdallah, qui dirige la puissante Garde nationale.
Si le monarque saoudien régnait sans gouverner, cela n’aurait aucune conséquence, mais le roi, en tant que Premier ministre, est aussi le chef de l’exécutif.
Dans le passé, des sources proches de la famille royale ont toutefois assuré que les princes étaient d’accord pour que les fils d’Abdel Aziz continuent à se succéder sur le trône du plus âgé au plus jeune, avant de laisser la place aux petits-fils.
Compte-tenu de l’âge avancé de la plupart des fils d’Abdel Aziz, cela signifie que l’Arabie saoudite risque de devoir choisir un nouveau roi très souvent dans les années à venir.
Jusqu’à présent, la succession s’est toujours faites en suivant l’ordre chronologique des naissances des fils d’Abdel Aziz, de frère en frère, en respectant le droit d’aînesse.
Selon la coutume, le roi propose le nom du prince héritier aux membres de la famille royale, qui donnent leur accord et obtiennent ensuite la caution des religieux, qui jouent un rôle considérable.
Le fondateur du royaume d’Arabie saoudite a eu 45 fils, dont 24 sont toujours en vie. A sa mort, en 1953, son fils Saoud, alors prince héritier, lui avait succédé, mais il avait été forcé d’abdiquer en 1964 pour corruption et mauvaise gestion.
Son demi-frère Fayçal accédait alors au trône. Après son assassinat, en 1975, le prince héritier Khaled, son demi-frère, devenait roi. A sa mort, en 1982, il était remplacé par le prince héritier Fahd, qui désigna Abdallah comme prince héritier.
Le suivant dans l’ordre de succession est le prince Sultan, né en 1924, l’actuel ministre de la Défense. Il devrait logiquement devenir le nouveau prince héritier, bien que des désaccords entre eux aient parfois été évoqués.
Pour régler les différends entre les milliers de princes, un Conseil de 18 membres, comprenant les membres les plus influents de la famille royale et dirigé par le prince Abdallah, a été mis en place en juin 2000.

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