La Tour Hassan, fierté des R’batis

Savez-vous ce dont Rabat est la plus fière ? C’est d’une mosquée inachevée appelée Tour Hassan. Cet édifice couronné d’une tour de plus de 44 mètres doit son prestige à sa charge historique : elle remonte en effet au XIIème siècle, une époque fastueuse sous la dynastie des Almohades.
Nichée à l’embouchure du fleuve Bouregreg, Rabat est certes une destination touristique privilégiée des touristes, et la capitale du Royaume ne manque certes pas de monuments historiques dignes de ce nom : ses antiques remparts, ses jardins andalous et sa forteresse Chellah où les vestiges d’une cité romaine côtoient les somptueux tombeaux des rois mérinides…
Mais c’est bien de «leur» tour que les R’batis semblent le plus fiers !
C’est le Sultan Yacoub El Mansour, le petit-fils de Abdelmoumen, qui a commandité la construction de cette mosquée. Le monarque ambitionnait d’en faire la plus grande mosquée du monde musulman de son époque et le fleuron de l’architecture de son temps. D’ailleurs, c’est sous son règne que Rabat, à l’origine un simple Ribat (couvent fortifié) édifié pour contrecarrer les offensives des Bourghwata, puis aménagé sous Abdemoumen en Casbah, connaît d’importantes constructions. Les travaux de construction de la mosquée Hassan ont débuté en 1196. Ils sont hélas abandonnés trois ans après la mort du Sultan.
Malgré les Souverains qui se sont succédés, la mosquée est restée inachevée. Le tremblement de terre de 1755 a ravagé le bâtiment.
Cependant, quelques vestiges majestueux subsistent, jusqu’à ce jour, et laissent deviner l’ampleur du monument initial qui mesurait 180 m de long et 140 m de large. Le minaret, quadrangulaire, élevé au milieu des débris des quatre cents colonnes, se dresse à plus de 44 m en hauteur. Ses parois font un demi-mètre d’épaisseur. Une rampe intérieure montant en vrille autour de six pièces centrales superposées permettait d’accéder au sommet. Les quatre façades de la tour, dont la pierre est sculptée, présentent chacune une ornementation différente. Le minaret, à l’origine bâti pour accueillir jusqu’à 40 000 personnes, se distingue par sa sobriété et sa richesse. La Tour Hassan, dont l’architecture est semblable à celle de la Koutoubiya et de la Giralda de Séville, constitue un chef-d’œuvre de l’art andalou-magrébin du XIIème siècle.

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