L’ambassadrice de la tolérance

L’ambassadrice de la tolérance

En ce jeudi après midi, à la résidence de l’ambassadeur de la Guinée Equatoriale à Rabat, règne une ambiance calme. Souriante, Maria Luisa Angue De Ndong, l’épouse de l’ambassadeur, souhaite la bienvenue d’un regard préoccupé. En fait, parlant couramment l’espagnol et très peu le français, elle craint de ne pas être comprise ou de ne pas comprendre elle-même son interlocuteur. Mais elle finit par prendre son courage à deux mains et engage la conversation d’une manière très énergique. En parlant de son mode de vie au Maroc, elle ne peut s’empêcher d’afficher sa satisfaction. «Nous nous sentons très à l’aise ici, le contact avec les Marocains s’est établi très rapidement». Et Ramadan oblige, Maria Luisa Angue  essaie de jeûner à chaque fois que sa santé le lui permet. «Moi et mon mari nous sommes chrétiens, mais nous essayons par moment de jeûner, c’est difficile mais nous le faisons par respect». Ceci dit, étant donné qu’elle est de confession catholique, l’ambassadrice pense qu’il faut être convaincu pour pratiquer chaque pilier de la religion. L’obligation n’est pas de mise lorsqu’il s’agit de la foi. Elle pense profondément qu’il faut respecter la croyance de chaque individu. «Les musulmans ont leur Ramadan et les chrétiens ont leur carême». Elle ajoute, lorsque nous sommes en public, on se plie à ce mode de vie et on s’y adapte.
La Guinée Equatoriale est constituée de 90% de chrétiens, les 10% restants sont musulmans. «La partie musulmane pratique la religion selon les préceptes dictés par l’Islam, les mêmes coutumes sont aussi bien appliquées en Guinée Equatoriale que dans n’importe quel pays arabe musulman», explique l’ambassadrice. La seule différence et qui paraît logique, se situe aux niveaux des rites de la gastronomie. À l’heure de la rupture de jeûne ce sont les plats consistants qui font leur entrée. Parmi les repas les plus connus figure le plat de poulet à la sauce d’arachide. «Chez nous le plat principal est le pollo à la salsa de cacauete. On l’aura compris, l’espagnol est la langue officielle en Guinée Equatoriale. Ainsi tous les noms sont prononcés à la langue de Cervantes. Cependant la population est fidèle à ses dialectes. En tout il existe cinq dialectes, chacun représentant une ethnie. L’ethnie majoritaire en Guinée Equatoriale est les «fan». Le dialecte de cette ethnie dont fait partie l’ambassadrice  porte le même nom. De cette culture Maria Luisa Angue parle avec passion. Elle dit être une femme traditionnelle, ouverte aussi sur la modernité. Imprégnée des autres cultures et modes de vie. Le rythme de vie au Maroc lui sied bien. Elle ajoute convaincue : «les gens sont gentils et très hospitaliers».
Durant ses trois ans passés au Maroc, Maria Luisa Angue cherchait des occasions pour s’adapter au rythme du pays. Ce qu’elle voulait : l’intégration et la connaissance de la culture et des traditions marocaines. «Dernièrement, nous avons été invités à un mariage dans un des hôtels luxueux de la capitale, j’ai été personnellement ébahie par la beauté de cette cérémonie», déclare-t-elle, le regard expressif, en donnant libre cours à sa bonne humeur. Elle a pu assister à toute la cérémonie, et sait aujourd’hui comment se déroule un mariage à la marocaine et elle en est fière. Mère de cinq enfants, l’ambassadrice favorise les contacts avec les citoyens du pays où elle réside. Pour mieux les connaître et les approcher, elle a trouvé une solution. «Je me suis inscrite dans une école d’esthétique et c’est là où j’ai eu l’occasion de me familiariser avec plusieurs filles que j’ai trouvées d’ailleurs sympathiques». Pour communiquer, l’ambassadrice use de son français en attendant d’apprendre l’arabe, même si elle trouve cette entreprise non moins difficile. «Lors de ma première année de cours, j’essayais de discerner les termes et les phrases mais en vain». Elle dit vouloir apprendre l’arabe. Après son diplôme d’esthétique, Maria Luisa Angue se consacre dorénavant à l’apprentissage des langues. Elle argumente et déclare : «une femme ne doit pas rester constamment à la maison, ce n’est pas bien, elle doit pouvoir s’accomplir et s’épanouir». Cet épanouissement commence d’abord, selon elle, par l’apprentissage et la connaissance. «Je compte m’inscrire aux cours d’anglais très prochainement». Cette déclaration de l’ambassadrice en fin de rencontre correspond à une volonté certaine d’ouverture sur les autres. Une richesse.

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